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HRW exhorte Rabat et Madrid à cesser les violences contre les clandestins

10/02/2014 11:33 EST | Actualisé 12/04/2014 05:12 EDT

L'ONG Human Rights Watch (HRW) a exhorté lundi les autorités marocaines et espagnoles à mettre un terme aux mauvais traitements envers les migrants subsahariens, tout en notant une "certaine amélioration" côté marocain depuis l'annonce d'une nouvelle politique migratoire l'an dernier.

Le rapport de 79 pages présenté à Rabat intervient quelque jours après un nouveau drame, à la frontière entre le nord du Maroc et Ceuta, où neuf clandestins sont morts noyés en tentant de pénétrer dans l'enclave espagnole, entraînant une vive polémique en Espagne quant à l'attitude de la Garde civile.

S'agissant du sort réservé aux migrants au Maroc, des "mauvais traitements persistent en dépit d'une certaine amélioration (...) depuis l'annonce d'une nouvelle politique migratoire et d'asile en septembre 2013", relève l'étude de l'ONG internationale. "Depuis lors, les expulsions sommaires à la frontière avec l'Algérie semblent avoir cessé", avance-t-elle.

Tout en notant des points positifs, "HRW reste inquiet au regard de nouveaux témoignages de violences envers des migrants près de la frontière avec Melilla", la seconde enclave espagnole, est-il précisé.

"Nous attendons du Maroc qu'il fasse comprendre à ses forces de sécurité que les migrants ont des droits", a souligné devant la presse une responsable de HRW, Katya Salmi, appelant les autorités à mettre en place des "procédures strictes" qui permettront de garantir ces droits et de bannir toute violence.

En réponse aux critiques, les autorités marocaines, citées dans le rapport, ont affirmé que la prise en charge des migrants se faisait dans le "strict respect" de la loi et des conventions internationales.

L'ONG basée à New York égratigne donc également l'attitude des forces de sécurité espagnoles, évoquant un "usage excessif de la force" lors du refoulement de migrants de Ceuta et Melilla, seules frontières terrestres entre l'Europe et l'Afrique.

L'expulsion par l'Espagne de migrants illégaux viole les lois internationales et celles de l'Union européenne, qui interdisent aux Etats de forcer toute personne à se rendre dans un lieu où elle peut être soumise à des traitements dégradants, note encore HRW.

Sur les récents événements de Ceuta, l'ONG appelle à une "enquête" sur l'usage d'armes à feu contre les migrants qui tentaient de rejoindre l'enclave à la nage.

Madrid a reconnu avoir utilisé des "balles en caoutchouc" mais assuré qu'elles n'avaient pas été tirées directement "contre les personnes".

De source officielle, quelque 30.000 clandestins se trouvent actuellement sur le sol marocain dans l'attente d'une hypothétique traversée vers l'Europe. Pour tenter de répondre à la situation, Rabat a lancé une vague de "régularisation exceptionnelle".

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