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Centrafrique: les miliciens anti-balaka sont des "ennemis de la paix" (commandant force française)

10/02/2014 08:45 EST | Actualisé 12/04/2014 05:12 EDT

Les miliciens centrafricains anti-balaka, accusés de multiples exactions contre les populations musulmanes, sont "devenus les principaux ennemis de la paix" et seront "chassés comme ce qu'ils sont: des hors-la-loi-et des bandits", a déclaré lundi le général Francisco Soriano, commandant la force française Sangaris.

"Ceux qui se disent +anti-balaka+ sont devenus les principaux ennemis de la paix en Centrafrique, ce sont eux qui stigmatisent les communautés, ce sont eux qui agressent la force Sangaris", a insisté le général français, au cours d'une rencontre publique à Bangui avec les principaux dignitaires religieux du pays.

Interrogé par l'AFP sur un éventuel cantonnement des miliciens anti-balaka, réclamé par celui qui se présente comme leur "coordonnateur politique" Patrice Edouard Ngaïssona, le général Soriano a répondu : "C'est qui les +anti-balaka+ ? Qui est leur chef ? Quel est leur message politique ? Quelle est leur chaîne de commandement?"

"Personne ne sait rien. C'est une nébuleuse, on est incapable de mettre un vrai visage", a-t-il dit.

"Les cantonner, ce serait leur donner une légitimité qu'ils n'ont pas, ce serait leur donner la possibilité de devenir une force qu'ils ne sont pas au service d'un sombre dessein", a-t-il estimé.

"On ne doit pas les cantonner mais les chasser comme ce qu'ils sont, c'est à dire des hors-la-loi, des bandits", a insisté le général Soriano.

"Les anti-balaka ne sont pas une milice chrétienne. Je le dis et le répète haut et fort: ce ne sont pas des milices chrétiennes", a déclaré de son côté l'archevêque de Bangui Dieudonné Nzapalainga rappelant que "dans les années 90, ces milices villageoises protégeaient les populations des coupeurs de routes" d'où leur nom "anti-machette" en sango.

"Appelez-les milices d'autodéfense, milices villageoises mais faites-nous l'économie du mot +chrétien+", a-t-il demandé à l'adresse des médias.

"Il n'y a pas que les musulmans qui souffrent des anti-balaka. Nous en sommes tous victimes", a-t-il insisté, avant de "déplorer la manipulation, l'instrumentalisation par certains de nos frères, de nos jeunes vulnérables". "Certains voudraient les intégrer dans l'armée: c'est irresponsable", a-t-il jugé.

Les "anti-balaka" comptent dans leurs rangs de nombreux anciens membres des Forces armées centrafricaines (FACA) ainsi que des fidèles de l'ancien président François Bozizé, renversé en mars 2013 par la rébellion à dominante musulmane Séléka de Michel Djotodia, contraint à la démission le 10 janvier pour son incapacité à mettre fin aux tueries interreligieuses.

Dans un entretien à l'AFP, leur "coordonnateur politique" Patrice Edouard Ngaïssona, ancien député et ministre, a nié lutter "pour le retour de Bozizé". Mais au cours des derniers mois, plusieurs représentants autoproclamés de ces milices étaient des proches de l'ancien président.

M. Ngaïssona lui-même a été élu sur les listes du parti de François Bozizé et a été son ministre de la Jeunesse et des sports.

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