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Centrafrique: "consternation et colère" après l'assassinat d'un parlementaire

10/02/2014 05:46 EST | Actualisé 12/04/2014 05:12 EDT

Les membres du parlement provisoire centrafricain ne cachaient pas leur "colère et leur consternation" lundi, au lendemain de l'assassinat par des inconnus de l'un des leurs à Bangui.

"C'est la consternation et la colère. Je suis en train de gérer la colère des conseillers. Mais je pense que la raison va finir par l'emporter", a déclaré à l'AFP la vice-présidente du Conseil national de transition (CNT, parlement provisoire), Léa Koyassoum Doumta, pour résumer l'atmosphère régnant dans l'assemblée qui clôture lundi une session spéciale consacrée à la crise que traverse le pays.

Jean-Emmanuel Ndjaroua, représentant la région de la Haute Kotto (sud-est) au CNT, a été assassiné dimanche après-midi dans le 4e arrondissement de Bangui.

Samedi, le parlementaire assassiné avait fait une intervention remarquée devant le CNT dans laquelle il s'était élevé contre les violences dont sont victimes les ressortissants "cosmopolites" de sa région, autrement dit les musulmans.

"C'est un acte ignoble", a commenté un parlementaire, Fernand Mandé Ndjapou, ajoutant: "mais c'est l'impunité qui est à la base de ce cycle de violences qui agitent le pays. On tue un membre de ta famille, mais les assassins ne sont nullement inquiétés. Tu vas être tenté de te faire justice. Et c'est ce à quoi nous assistons (...) Il faut que ceux qui tuent, qui pillent, puissent répondre de leurs actes devant la justice", a-t-il réclamé.

Pour le porte-parole du gouvernement, Gaston Makouzangba, "la présidente de la transition - tout comme le Premier ministre - est claire. Il n'y aura pas d'impunité pour les auteurs des crimes et leurs complices. Le Premier ministre l'a bien dit devant le CNT. Nous tendons tous vers un Etat de droit et la réconciliation nationale. Donc nous ne pouvons plus tolérer, ni accepter certains actes".

Outre le parlementaire, au moins 10 personnes ont été tuées au cours de violences accompagnées de pillages à grande échelle dimanche à Bangui.

Assassinats, lynchages et pillages restent le lot quotidien en Centrafrique malgré les efforts de 1.600 soldats français de l'opération Sangaris et de 5.500 militaires africains de la Misca pour rétablir l'ordre dans la capitale après des mois de tueries interreligieuses.

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