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Burkina Faso: une clinique raélienne pour reconstruire le clitoris des femmes excisées

10/02/2014 03:41 EST | Actualisé 12/04/2014 05:12 EDT

Une clinique destinée à la reconstruction du clitoris des femmes excisées ouvrira ses portes le 7 mars à Bobo-Dioulasso, au sud du Burkina Faso, a annoncé lundi une responsable du projet, lancé par le Mouvement raélien.

Clitoraid, une ONG du Mouvement raélien, a financé le projet - dont le coût n'a pas été précisé - grâce à des dons de personnes privées et prendra en charge le fonctionnement de la structure, selon cette responsable, Abibata Sanon.

"L'idée vient du mouvement raélien. Mais ce ne sont pas eux qui financent. Clitoraid est une association à but non lucratif dans laquelle travaillent des raéliens comme des non-raéliens", a observé Abibata Sanon.

Le nouvel hôpital, baptisé "La maison des femmes", a été surnommé "L'hôpital du plaisir" puisque l'intervention "permettra de restaurer leur dignité féminine ainsi que leur capacité a éprouver le plaisir physique", a observé Nadine Gary, directrice de la communication de Clitoraid, dans un communiqué.

La chirurgie clitoridienne permet dans la grande majorité des cas de retrouver une anatomie d'apparence normale, le retour de sensations étant nettement moins fréquent.

Toutes les opérations, qui durent environ 45 minutes, seront gratuites, a assuré Abibata Sanon, même si les patientes devront payer leur transport jusqu'à Bobo-Dioulasso.

Près de 300 femmes figurent déjà sur les listes d'attente du centre, dont certaines viennent du Kenya, du Mozambique, d'Ethiopie, du Sénégal, du Mali, de Côte d'Ivoire... "Partout où les mutilations génitales sont pratiquées", a résumé Mme Sanon.

Selon un rapport de l'Unicef, entre 100 et 140 millions de filles et de femmes ont subi des mutilations génitales féminines (MGF) dans le monde et trois millions d'entre elles sont exposées chaque année au risque d'en subir.

Les MGF sont surtout pratiquées en Afrique - dans 28 pays du continent -, généralement sous la forme de l'excision.

Le Burkina Faso, qui l'a interdite en 1996, connaît une chute de l'excision, même si 58% des filles âgées de 15 à 19 ans l'ont subie, d'après une étude publique datant de 2010.

La taux d'excision était encore de plus de 80% il y a 10 ou 15 ans, a observé Marc Rubin, le représentant de l'Unicef au Burkina Faso, qui a qualifié cette baisse de "significative".

Les progrès sont liés à "l'investissement à tous les niveaux" du pouvoir burkinabè sur cette cause, en particulier de la première dame Chantal Compaoré, a remarqué M. Rubin.

Alors que les autorités multipliaient les contacts avec les autorités religieuses et traditionnelles sur le terrain, le Burkina Faso a favorisé l'adoption, en décembre 2012, d'une résolution par les Nations unies interdisant les mutilations génitales féminines, a-t-il souligné.

Les MGF créent des souffrances et des complications gynécologiques chez leurs victimes, qui parfois en meurent, notamment durant l'accouchement, selon le représentant onusien.

Quelque 341 mères burkinabè décèdent pour 100.000 enfants nés, ce qui constitue l'un des plus hauts taux de mortalité maternelle au monde, d'après l'Unicef.

L'excision est un problème "très profond" lié à "l'identité, au pouvoir de la femme, à la sexualité ou encore au genre", ce qui explique que le recul ne soit pas plus rapide au Burkina Faso, a-t-il analysé.

Le Mouvement raélien avait été fondé dans les années 1970 par Claude Vorilhon, alias Raël, au retour de sa prétendue "rencontre" avec des extraterrestres. Raël est à l'origine du projet Clitoraid.

Le groupe basé à Montréal (Canada) avait notamment défrayé la chronique en prétendant avoir cloné un être humain.

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