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958 millions du Plan des infrastructures alloué au transport collectif

10/02/2014 01:58 EST | Actualisé 11/04/2014 05:12 EDT

Québec lance une nouvelle stratégie nationale du transport collectif et augmente l'aide financière au transport en commun en puisant dans le budget dédié au transport routier.

Le gouvernement Marois augmentera ainsi de près de 1 milliard de dollars d'ici 2020 les sommes destinées au maintien des actifs en transport collectif, a annoncé lundi le ministre des Transports, Sylvain Gaudreault.

Si l'argent provient du Plan québécois des infrastructures, le ministre se fait tout de même rassurant : « cela n'affectera en rien notre capacité de maintenir en bon état nos infrastructures routières à l'heure actuelle et qui nous pose un très grand nombre de défis, comme vous le savez », a assuré M. Gaudreault.

Grâce à ce plan, Québec souhaite augmenter l'offre de services de transports en commun de 30 % d'ici 2020. M. Gaudreault a souligné que ces sommes additionnelles seront notamment utilisées afin de réaliser des travaux de réfection d'infrastructures de transport en commun ou remplacer des autobus déjà existants.

En plus de cet investissement, le ministre a annoncé qu'en vertu de cette politique, les covoitureurs et les voitures en autopartage auront accès à des places de stationnement préférentielles dans les établissements des secteurs public et parapublic. 

De plus, le gouvernement souhaite augmenter l'offre de transports en commun dans les régions en portant son aide au transport collectif régional à 9,5 millions de dollars en 2014-2015 et à 40 millions de dollars d'ici 2020. 

Le gouvernement se lance aussi dans une consultation avec les municipalités sur les moyens de financer équitablement les neuf plus grandes sociétés de transport public de la province.

Le gouvernement veut revoir le financement des transports collectifs afin d'harmoniser les services.

Le gouvernement souhaite aussi modifier la Loi sur l'aménagement et l'urbanisme afin d'implanter une planification intégrée de l'aménagement du territoire et du transport. Les modifications viseront notamment à limiter les distances parcourues, dit le gouvernement.

Le maire de Montréal, Denis Coderre, le président de la Société de transport de Montréal (STM), Philippe Schnobb, et le président de la Fédération québécoise des municipalités, Bernard Généreux, ont tous salué l'ajout d'argent pour le transport collectif, mais ils ont ajouté qu'à terme, il faudrait trouver de nouveaux moyens de financement afin de bonifier l'offre de transport en commun au Québec.

« Une stratégie électorale », clame le PLQ

« Encore une fois aujourd'hui, nous avons eu droit à une autre annonce électoraliste, pour laquelle les moyens ne peuvent tout simplement pas être au rendez-vous », a réagi dans un communiqué le porte-parole de l'opposition officielle en matière de transports et député de Viau, David Heurtel

Le libéral critique la volonté de PQ de prélever des sommes allouées au Plan québécois des infrastructures. « On coupe à nouveau dans le maintien des infrastructures, et ce, sans savoir quels projets névralgiques écoperont », a-t-il dit.

« Un chantier de la taxe sur l'essence », dit la CAQ

Pour la Coalition avenir Québec, la stratégie annoncée aujourd'hui est « accompagnée d'un chèque sans fond et d'un grand chantier sur le financement qui ne peut aboutir que sur une nouvelle hausse de la taxe sur l'essence ».

« On a des infrastructures en ruine au Québec au point où les épisodes de béton qui tombent des viaducs ou d'infiltration d'eau dans les tunnels semblent être acceptés par le MTQ. Et les péquistes sont en train de nous dire que l'entretien des viaducs va être remplacé par celui des abris bus? », demande le porte-parole en matière de transports, Éric Caire.

Du côté de Québec solidaire, le parti s'est désolé que le gouvernement n'investisse pas davantage dans le transport en commun. « Le ministre promet moins de 1 milliard de dollars en infrastructures sur cinq ans pour rattraper le déficit d'entretien. Cependant, c'est ce que le monde du transport en commun demandait par année pendant 10 ans », a déclaré le président du parti, Andrés Fontacilla.

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