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Nucléaire: l'Iran va s'expliquer sur un programme de détonateurs

09/02/2014 01:21 EST | Actualisé 11/04/2014 05:12 EDT

L'Iran a accepté dimanche de s'expliquer sur la mise au point de détonateurs utilisables pour une bombe afin de répondre aux inquiétudes de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) sur une possible dimension militaire du programme nucléaire de Téhéran.

La question des "détonateurs à fil à exploser" (FE) est l'une des "sept mesures pratiques" que l'Iran s'est engagé dimanche à appliquer d'ici au 15 mai pour tenter d'améliorer la transparence de son programme nucléaire, à l'issue de deux jours de discussions avec l'AIEA à Téhéran.

L'Iran a toujours affirmé que son programme nucléaire était exclusivement pacifique.

Cette avancée dans les discussions avec l'AIEA pourrait influencer celles tenues en parallèle entre l'Iran et les grandes puissances concernant un accord global sur le nucléaire iranien, qui doivent commencer le 18 février à Vienne.

Les négociations avec le groupe 5+1 (États-Unis, Chine, Russie, France, Royaume-Uni et Allemagne) ont abouti fin novembre à Genève à un accord intérimaire. Téhéran a suspendu pour six mois l'enrichissement d'uranium à 20% et a gelé à son niveau actuel ses autres activités nucléaires, en échange d'une levée partielle des sanctions occidentales.

La coopération de l'Iran avec l'Agence joue un rôle essentiel dans ces dernières négociations, l'AIEA étant chargée de surveiller l'application de l'accord de Genève.

L'AIEA a confirmé dimanche dans un communiqué "être parvenu (avec l'Iran) à un accord sur sept mesures pratiques qui devront être appliquées d'ici le 15 mai", précisant que Téhéran "a appliqué les mesures pratiques initiales" stipulées dans une feuille de route établie le 11 novembre.

Le directeur général de l'AIEA Yukiya Amano a affirmé à l'AFP en janvier qu'il était désormais temps d'aborder la question hautement sensible de déterminer si Téhéran a ou non cherché à se doter de la bombe atomique avant 2003, voire ensuite. "Nous souhaitons certainement inclure les questions (relatives) à la possible dimension militaire dans les prochaines étapes", avait-il dit.

Mais une visite à la base militaire de Parchin, près de Téhéran, soupçonnée d'avoir abrité des tests d'explosions conventionnelles applicables au nucléaire, ne fait pas partie du nouvel accord. Cette visite est réclamée depuis 2012 par l'AIEA.

'Motif de préoccupation'

Dans un rapport de novembre 2011, l'agence affirmait que la mise au point des détonateurs FE était "un motif de préoccupation" en raison de "son application possible dans un dispositif nucléaire explosif".

Un membre de l'équipe nucléaire iranienne cité par l'agence Isna a confirmé dimanche que l'Iran "va donner plus d'informations que celles déjà fournies à l'agence sur les besoins et les applications des détonateurs FE".

"Il y a eu des progrès dans l'enquête sur une possible dimension militaire jusqu'en 2008 quand l'Iran a stoppé sa coopération et a refusé jusqu'en novembre 2013 de fournir les informations demandés par l'AIEA", a expliqué à l'AFP Mark Hibbs, du centre de réflexion Carnegie pour la paix internationale. L'accord de novembre "était une tentative de repartir de zéro", a-t-il ajouté.

L'Iran doit également communiquer des informations "actualisées" - les dernières remontent à mai 2006 - sur la construction du réacteur à eau lourde d'Arak, qui utilise la filière du plutonium.

Les experts de l'AIEA ont visité le 8 décembre l'usine de production d'eau lourde d'Arak, située à côté du réacteur qui est l'un des points d'achoppement des négociations entre l'Iran et les grandes puissances.

Le site pourrait en effet fournir en théorie à l'Iran du plutonium susceptible d'offrir une alternative à l'enrichissement d'uranium pour la fabrication d'une bombe atomique.

Le chef de l'OIEA, Ali Akbar Salehi, a affirmé récemment que l'Iran était prêt à "faire quelques modifications (...) pour produire moins de plutonium" et lever les inquiétudes sur l'utilisation de ce réacteur de 40 mégawatts. L'Iran a toujours affirmé qu'il n'avait qu'un but de recherche.

L'accord comprend aussi des visites de la mine d'uranium de Saghand et de l'usine de production concentré d'uranium ("yellow cake") d'Ardakan (centre).

Les activités nucléaires iraniennes ont été au coeur des inquiétudes internationales ces dix dernières années, des pays occidentaux et Israël craignant qu'elles ne cachent un volet militaire, en dépit des innombrables démentis de Téhéran.

L'AIEA reproche depuis de nombreuses années à l'Iran un manque de coopération qui entretient, selon elle, le doute sur les visées de son programme nucléaire. Elle déplore ainsi régulièrement l'impossibilité pour ses inspecteurs de se rendre sur la base de Parchin.

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