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La presse de suisse romande sonnée après le vote sur l'immigration

09/02/2014 06:45 EST | Actualisé 11/04/2014 05:12 EDT

La presse de Suisse romande, dans ses premiers commentaires, se disait dimanche soir "sonnée" après la "gifle" du succés du référendum sur l'immigration.

Pour le Temps à Genève "le retour aux contingents de travailleurs européens" constitue "un tournant historique dans la politique européenne de la Suisse et qui aura des conséquences imprévisibles".

Il note l'opposition ville-campagne dans les votes, le fossé entre Suisse romande, qui a voté contre le texte et la Suisse alémanique qui a voté pour. "Une fois de plus ce sont les régions les moins touchées par l'immigration et la libre-circulation qui ont marqué le plus nettement leur volonté de les maîtriser", relève le Temps qui regrette qu'au gouvernement personne n'ait voulu approfondir les causes de cette nouvelle coupure entre régions linguistiques et entre villes et campagnes.

Convoquées via le réseau social Facebook deux manifestations spontanées ont eu lieu dimanche soir en Suisse sans incidents pour protester contre le résultat du référendum contre l'immigration.

Quelque 500 à 600 personnes ont manifesté à Berne, la capitale fédérale, pour dénoncer autour d'une banderole "leur Suisse-notre cauchemar"."Droit de séjour pour tous partout" ou "Nous avons honte", criaient-ils en choeur.

Indignation également à Lucerne, où environ 300 personnes sont descendues dans la rue.

La Tribune de Genève parle de "gifle pour le Conseil fédéral", le gouvernement.

24 heures, le quotidien vaudois publié à Lausanne titre "Le jour où un pays prospère s'est inventé une crise majeure". "Vingt et un ans et deux mois après avoir refusé l'Espace économique européen (par référendum en 1992 avec un score quasi identique) le peuple suisse, à nouveau divisé comme jamais, vient de donner un coup d'arrêt à la libre circulation des personnes". Même si les conditions générales ne sont plus les mêmes le journal évoque "la décennie difficile" que la Suisse avait alors traversée avec "la stagnation économique, la hausse du chômage, la crise des finances publiques".

"La partie s'annonce rude pour un pays très intégré économiquement mais très isolé politiquement", estime le journal.

pjt/mpd

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