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Dix millions de Tokyoïtes aux urnes pour choisir un gouverneur pro ou anti-nucléaire

09/02/2014 12:57 EST | Actualisé 10/04/2014 05:12 EDT

Les pieds dans 30 centimètres de neige, les Tokyoïtes ont commencé dimanche de se rendre dans les bureaux de vote pour élire leur gouverneur parmi 16 candidats divisés entre pro et antinucléaires.

Ce scrutin risque cependant de virer au duel entre le favori du gouvernement de droite pro-atome, Yoichi Masuzoe, et Morihiro Hosokawa, un ex-Premier ministre sorti d'une retraite politique de 20 ans pour s'opposer à l'énergie atomique, avec le soutien d'un autre "ex", l'imprévisible Junichiro Koizumi.

Pas moins de 1.869 bureaux de vote étaient prêts pour accueillir plus de dix millions d'électeurs à partir de 07H00 (samedi 22H00 GMT), mais quelques-uns ont ouvert en retard à cause d'une tempête de neige exceptionnelle samedi sur la capitale, phénomène inédit en près d'un demi-siècle.

"J'ai voté pour M. Masuzoe mais je souhaite tout de même qu'on règle le problème du nucléaire rapidement", a déclaré à la sortie d'un bureau Michiyo Shinohara, un électeur de 64 ans.

"J'ai choisi M. Hosokawa parce que je pense que la principale priorité aujourd'hui, c'est de sortir du nucléaire", a pour sa part confié Shu Ohara, une mère au foyer de 35 ans.

"Moi aussi, j'ai choisi M. Hosokawa, convaincu par le discours d'un de ses soutiens, le maire de Minamisoma, une des villes sinistrées du 11 mars", a indiqué un homme de 41 ans, sans donner son nom, interrogé à la sortie d'un autre bureau du centre de Tokyo dont les abords avaient été dégagés et où le défilé de votants était continu.

Les observateurs s'interrogent cependant sur la participation, craignant un désintérêt des jeunes et les conséquences de cette intempérie.

"Je n'irai pas voter car je ne vois aucun candidat qui me plaise", témoigne une jeune dessinatrice d'une vingtaine d'années.

Les personnes âgées, généralement les plus assidues aux élections, vont quant à elles peut-être s'abstenir de sortir pour ne pas courir le risque de chuter sur les trottoirs en partie rendus impraticables. Le beau soleil réchauffant la capitale dimanche permettait toutefois à la neige de fondre rapidement par endroit.

A midi, la participation n'était encore que de 7,86%, soit près de dix points de moins que lors du précédent scrutin.

Durant la campagne de deux semaines, le candidat soutenu par le parti de droite au pouvoir (PLD), M. Masuzoe, a fait la course en tête dans les sondages pour cette élection consécutive à la démission de Naoki Inose, élu gouverneur fin 2012 mais chassé au bout d'un an par un scandale politico-financier.

M. Masuzoe est un visage très connu du grand public, non seulement pour des fonctions ministérielles antérieures mais aussi pour avoir été un commentateur de TV et avoir signé de nombreux ouvrages politico-historiques.

Outre son score et celui de M. Hosokawa, il faudra quand même regarder dimanche soir avec attention les résultats de deux autres candidats, Kenji Utsunomiya (avocat antinucléaire soutenu par le Parti Communiste), et Toshio Tamogami (un ex-général pro-atome limogé de l'armée de l'air pour avoir émis des opinions révisionnistes, épaulé par l'ex-gouverneur nationaliste Shintaro Ishihara).

Ces deux personnages que tout oppose pourraient capter des voix d'électeurs désapprouvant M. Abe et les siens, tout en n'ayant pas envie de voter pour le protégé de M. Koizumi.

Le plus jeune candidat, un patron d'une société de services en ligne, a 35 ans, les quinze autres entre 55 et 85 ans, MM. Masuzoe et Hosokawa se situant dans l'entre-deux avec respectivement 65 et 76 ans.

Qui qu'il soit, le nouveau gouverneur devra préparer les Jeux olympiques de 2020 à Tokyo et oeuvrer pour que ce centre économique de 13 millions d'habitants, dont le budget équivaut à celui de la Suède, réponde au défi du vieillissement de sa population et de la forte menace sismique, sans perdre son formidable pouvoir d'attraction culturel et commercial.

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