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De de Gaulle à Sarkozy, six présidents français aux Etats-Unis

09/02/2014 12:45 EST | Actualisé 10/04/2014 05:12 EDT

Le sang versé, les sacrifices communs et une amitié indéfectible malgré des désaccords ponctuels: tels sont les thèmes incontournables des visites de chefs d'Etats français aux Etats-Unis, du général de Gaulle à Nicolas Sarkozy.

François Hollande sera aux Etats-Unis de lundi à mercredi pour une visite d'Etat. Son programme inclut Monticello en Virginie (lundi), Washington (mardi) et San Francisco en Californie (mercredi). Contrairement à ses prédécesseurs, il ne se rendra pas au Congrès américain.

CHARLES DE GAULLE, avril 1960

De Gaulle est accueilli triomphalement à Washington, où il défile à bord d'une limousine décapotable. A l'extérieur de la Maison Blanche, il dépose avec son hôte Dwight Eisenhower une gerbe au pied de la statue du marquis de Lafayette.

Au Congrès, De Gaulle rend hommage à la longue histoire commune aux deux pays, qui font encore face à des défis globaux majeurs:

"La machine a pris le pouvoir sur la terre. Elle y a lancé un progrès matériel gigantesque. Mais, en même temps elle a provoqué l'apparition de deux systèmes apparemment inconciliables et qui prétendent, chacun de son côté, détenir la seule manière valable de transformer la société."

"Américains, sachez-le, dans la grande partie qui s'engage, rien ne compte davantage pour la France que la raison, la résolution, l'amitié du grand peuple des États-Unis. Je suis venu vous le dire."

Le président achève sa tournée par La Nouvelle Orléans, la plus française des villes américaines.

GEORGES POMPIDOU, février 1970

"Lafayette Yes, Pompidou No": quand Georges Pompidou arrive à Washington à l'invitation du président Richard Nixon, des manifestants pro-Israël protestent à l'extérieur de la Maison Blanche contre la vente récente d'avions de chasse Mirage à la Libye.

Le circuit du Français l'emmène à Cap Kennedy, San Francisco, Chicago et New York.

"Permettez à mon amitié de vous dire que la fin de la guerre du Vietnam sera pour les Etats-Unis la plus précieuse des victoires, celle que l'on remporte d'abord sur soi-même", lance Georges Pompidou aux parlementaires américains dans un discours au Congrès.

VALERY GISCARD D'ESTAING, mai 1976

Le moderne président français atterrit en fanfare à Washington à bord du Concorde, après un vol de 3h55, et quelques jours avant le début du service régulier avec Washington.

Lors de la cérémonie d'accueil à la Maison Blanche, il surprend en déclarant: "and now if you allow me, I will be my own interpreter" --"et si vous le voulez bien, je serai mon propre interprète".

Au Congrès, il prononce son discours entièrement en anglais.

FRANÇOIS MITTERRAND, mars 1984

La visite d'Etat de 1984 s'effectue dans un climat idyllique entre le socialiste français et le conservateur américain Ronald Reagan.

"N'ayons pas peur de dialoguer avec l'Union soviétique dès lors que les bases et les finalités de ces échanges sont nettement et clairement définies", déclare Mitterrand devant le Congrès, avant de témoigner une nouvelle fois des liens fraternels qui unissent les deux nations:

"Aussi ma première pensée va-t-elle vers les Américains et les Français, frères d'armes qui de Yorktown à Beyrouth ont mêlé leur sang. L'histoire montre que ces sacrifices n'ont jamais été vains, car ils n'avaient pas pour objet la conquête ou la volonté de puissance, mais la défense des libertés".

François Mitterrand est le dernier président français à s'être déplacé à San Francisco et dans la Silicon Valley. Durant son séjour de trois jours en Californie, il rencontre Steve Jobs, 29 ans, le cofondateur d'Apple.

JACQUES CHIRAC, janvier 1996

Comme président, Jacques Chirac a traversé l'Atlantique 12 fois durant ses deux mandats, plus que tout autre dirigeant français.

En 1996, accueilli par Bill Clinton, il invite les Américains à accentuer l'aide au développement, lors d'un discours au Congrès.

"Le maintien de notre aide aux pays qui en ont besoin est une exigence morale qui s'impose à tous. Il est aussi le seul moyen de désamorcer une véritable bombe à retardement qui nous menace tous. N'abandonnons pas à leur sort les pays les plus pauvres de notre planète, notamment les pays d'Afrique".

Mais à Chicago, lors d'une rencontre avec des chefs d'entreprises américains, c'est en anglais qu'il raconte ses vieilles expériences de barman aux Etats-Unis.

NICOLAS SARKOZY, novembre 2007

Six mois après son élection, Nicolas Sarkozy vient dire l'importance des liens entre Français et Américains, après les tensions nées de la guerre en Irak, pour une visite de travail, un cran protocolaire inférieur à celui de visite d'Etat. Il déclare son amour pour l'Amérique dans un discours au Capitole, où quelques années auparavant les "French fries" avaient été rebaptisées "Freedom fries".

"Ma génération, sans venir sur votre territoire, a partagé tous les rêves de l'Amérique. Dans l'imaginaire de ma génération, il y a la conquête de l'ouest et Hollywood. Il y a Elvis Presley, qu'on n'a peut-être pas l'habitude de citer dans ces murs, mais pour ma génération il est universel ! Il y a Duke Ellington, il y a Hemingway. Il y a John Wayne, il y a Charlton Heston. Il y a Marilyn Monroe, Rita Hayworth".

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