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Syrie: les assiégés de Homs attendent l'aide d'urgence de l'ONU

08/02/2014 03:54 EST | Actualisé 09/04/2014 05:12 EDT

L'ONU s'apprête à faire parvenir samedi une aide d'urgence aux civils des quartiers rebelles assiégés de Homs, au lendemain de l'évacuation de dizaines de personnes bloquées pendant plus de 600 jours dans des conditions effroyables.

L'évacuation de Homs, dans le centre du pays, et la distribution de nourriture et de matériel médical font partie de l'accord conclu entre l'ONU, le gouvernement syrien et les rebelles après des mois de négociations.

Une source gouvernementale a affirmé samedi à l'AFP que tout était prêt pour la distribution de l'aide et que des convois se préparaient à entrer dans la matinée dans ces quartiers assiégés par l'armée depuis juin 2012.

Selon l'ONU, il s'agit d'une aide d'urgence pour 2.500 personnes: nourriture, kits médicaux et d'hygiène, matelas, couvertures, ainsi qu'une somme en liquide et un soutien logistique "pour faire face aux besoins immédiats de ceux qui choisissent d'évacuer la zone et de ceux qui sont toujours dedans".

Un cessez-le-feu conclu entre le gouvernement et les rebelles doit permettre l'acheminement de l'aide à ceux qui auront choisi de rester dans les quartiers assiégés.

Mais des militants ont accusé samedi le régime d'entraver l'opération en tirant des obus de mortier sur les quartiers assiégés, violant ainsi la trêve humnaitaire.

"Les quartiers assiégés et notamment les zones proches de l'endroit où doivent entrer les convois d'aides, à Hamidiyé, ont été visés par des obus de mortier en provenance des quartiers pro-régime" de Homs, a déclaré Yazan, un militant de la vieille ville assiégée.

"Les militants accusent les troupes de lancer des obus de mortiers pour retarder l'aide", affirme de son côté l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

L'opposition syrienne en exil a également mis en garde dans un communiqué contre un "échec" de l'arrivée de l'aide qui serait "dévastateur pour les civils innocents restés dans les zones assiégées".

"Les équipes de l'ONU ont pré-positionné des vivres et du matériel (...) destinés à être livrés immédiatement après la sortie du premier groupe de civils, et nous espérons envoyer cette aide samedi matin", avait indiqué vendredi le coordinateur humanitaire de l'ONU en Syrie, Yacoub El Hillo.

"Boucliers humains"

Vendredi, 83 femmes, enfants et personnes âgées ont été évacués de la vieille ville, selon l'ONU.

Une vidéo amateur diffusée par un militant a montré un vieil homme emmitouflé dans une couverture et souriant en embrassant son fils, pour la première fois en 18 mois.

Ces civils, assiégés pendant près de deux ans et bombardés presque chaque jour par l'armée du régime qui cherche à reprendre leurs quartiers et accuse les rebelles d'utiliser les civils comme "boucliers humaines", manquaient de tout et se nourrissaient d'herbes et d'olives selon plusieurs témoignages.

Sur les images des évacuations diffusées par la télévision syrienne, on peut voir au loin les immeubles détruits de la vieille ville de Homs, longtemps considérée comme "la capitale de la révolution" et désormais dévastée par les combats.

Selon le porte-parole adjoint de l'ONU, Farhan Haq, les personnes évacuées vendredi ont été "transportées vers des endroits de leur choix, escortées par l'ONU et le Croissant rouge syrien".

Les évacuations doivent se poursuivre dans les prochains jours, selon le gouverneur de Homs, Talal Barazi, précisant que les femmes, les enfants de moins de 15 ans et les hommes de plus de 55 ans étaient autorisés à partir.

Il s'agit du premier geste humanitaire du régime de Bachar al-Assad depuis le premier round de négociations avec l'opposition fin janvier en Suisse, qui n'avait abouti à aucun résultat.

Le régime a d'ailleurs confirmé sa participation au deuxième round de pourparlers prévu le 10 février à Genève, et visant à trouver une issue politique au conflit qui ravage la Syrie depuis près de trois ans et a fait plus de 136.000 morts, selon l'OSDH, et des millions de réfugiés et déplacés, selon l'ONU.

Ces discussions s'annoncent aussi difficiles que les précédentes tant les positions des protagonistes sont éloignées: le régime exclut toute discussion sur le départ de M. Assad que l'opposition exige et insiste pour parler d'abord du "terrorisme" (rébellion, ndlr).

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