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Comme le slopestyle, le ski de fond et alpin ont aussi leur caractère branché

07/02/2014 10:53 EST | Actualisé 09/04/2014 05:12 EDT
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KRASNAÏA POLIANA, Russie - Selon Alex Harvey et Marie-Michèle Gagnon, les disciplines qu'on retrouve aux X-Games ne sont pas les seules à donner un caractère branché aux Jeux olympiques.

On le sait, le CIO a fait des pieds et des mains pour 'rajeunir' son image, ces dernières années. Ç'a mené à l'entrée en scène, notamment, de différentes disciplines de surf des neiges et de ski acrobatique.

Et voilà qu'à Sotchi, ce sera au tour du slopestyle, tant en surf qu'en ski acro, de faire son entrée en scène.

Mais les sports olympiques dits traditionnels ont leurs mérites aussi, du moins aux yeux de ceux et celles qui les pratiquent.

«C'est sûr que si, dans ta tête, le ski de fond c'est ta grand-mère en culottes amples qui va se promener dans le champ, eh bien tu ne penseras pas trop que c'est 'cool'. Mais rendu aux Jeux olympiques, si tu peux comprendre un peu c'est quoi (les exigences du) sport, ça devient cool», lance le fondeur Harvey.

«Ceux qui ont fait un peu de ski alpin savent quelles sensations tu ressens quand tu vas vraiment vite, affirme de son côté Gagnon. C'est un sport qui a une bonne part de risques et quand les athlètes font des sauts vraiment élevés, c'est une discipline qui est plaisante à regarder.

«Je crois que les gens qui font du ski alpin, et il y en a beaucoup, peuvent s'identifier à ça.»

C'est la même chose en ski de fond, selon Harvey.

«Le ski de fond est un sport cool si tu comprends les différents éléments de l'équation qu'il faut avoir une journée donnée pour gagner», dit le Québécois de 25 ans, en faisant allusion notamment à la force mentale, à la technique du mouvement et de la glisse, à la stratégie et aux connaissances de l'équipement.

Harvey parle aussi du plaisir de souffrir, un phénomène qui semble plutôt théorique — et rebutant — pour quiconque ne l'a pas vécu.

«Quand tu te rends à un niveau de souffrance physique que tu ne pensais jamais être capable d'atteindre, que tu y vas tellement profondément que tu n'as plus une once d'énergie quand tu traverses la ligne d'arrivée, c'est ce qui est gratifiant pour moi, explique l'athlète de Saint-Ferréol-les-Neiges.

«C'est de la souffrance mais quand tu es vraiment dans ta bulle, tu prends plaisir à souffrir. C'est comme tous les sports d'endurance, ton corps sécrète des endorphines et c'est une drogue. Les endorphines sont dans le tapis toute ta vie, et le plaisir arrive de là.»

Le partenaire de Harvey, Devon Kershaw, décrit quant à lui le ski de fond comme «un sport de beauté».

«Physiquement, il y a quelque chose qui arrive quand tu te bats contre toi-même. Ton cerveau te dis que tu dois arrêter, que tu as besoin d'oxygène et que c'est fini, que tu ne peux pas continuer, mais ton corps pousse encore et encore, et tu finis par trouver un rythme même si tes jambes sont coupées, décrit Kershaw dans un excellent français. Cette fluidité, c'est d'une beauté qui vaut toutes les plus belles choses du monde.

«Il y a aussi le fait qu'on s'entraîne dans des endroits fantastiques, ajoute Kershaw. Il y a bien des jours où je hume l'air et je réalise, hé, je suis ici dans les Dolomites, je suis ici dans les Alpes, dans les Rocheuses... C'est tellement inspirant.»

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