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Sahel et Centrafrique au coeur d'une tournée du ministre français de la Défense en Afrique

08/02/2014 04:36 EST | Actualisé 09/04/2014 05:12 EDT

Le ministre français de la Défense Jean-Yves Le Drian entame dimanche une nouvelle tournée en Afrique centrale axée sur la poursuite de l'action militaire de la France pour stabiliser la Centrafrique et la réorganisation du dispositif français au Sahel.

Le ministre sera dimanche à N'Djamena, lundi et mardi en République du Congo, et mercredi à Bangui, où il rencontrera les forces françaises et africaines en Centrafrique et s'entretiendra avec la présidente Catherine Samba Panza et les autorités de transition.

C'est la troisième fois que M. Le Drian se rend en Centrafrique depuis le début de l'opération Sangaris et le déploiement de 1.600 soldats français.

Il s'agit, selon la Défense, d'affirmer l'effort de la France en soutien de la Misca, la force africaine sur place, pour poursuivre la sécurisation du pays. Cela au moment clé où les forces françaises et africaines ont obtenu le départ de Bangui des miliciens de l'ex-Séléka, dont certains groupes se sont repliés vers le nord.

Paris veut par ailleurs affirmer son soutien aux autorités de transition, "à la fois pour la restauration des fonctions de base de l'Etat centrafricain et l'organisation d'élections dans les prochains mois", souligne-t-on de même source.

Paris "ne tolèrera aucun acte attentatoire à la dignité humaine"

La France, soutien exigeant, a demandé aux autorités centrafricaines "des sanctions exemplaires" à l'encontre de ceux qui ont mis à mort un homme soupçonné d'être un ex-rebelle, mercredi à Bangui à l'issue d'une cérémonie officielle.

La France "ne tolèrera aucun acte qui soit attentatoire à la dignité humaine et aux valeurs fondamentales qu'elle défend par son intervention militaire" en RCA, a affirmé jeudi Jean-Yves Le Drian. Une mise en garde qui témoigne de la complexité de la situation, deux mois après le début de l'intervention militaire française dans le pays, où les violences se poursuivent.

Le ministre a d'ailleurs jugé "vraisemblable" une prolongation par l'ONU du mandat des forces françaises en Centrafrique au-delà de la période initiale de six mois, et rappelé la nécessité à terme de la constitution d'une "mission des Nations unies elles-mêmes".

Au Tchad, il s'entretiendra avec le président Idriss Deby du redéploiement du dispositif militaire français au Sahel que Paris souhaite rapprocher des zones où la menace jihadiste est la plus forte, c'est-à-dire la bande sahélienne et en particulier le sud de la Libye. Un schéma dans lequel N'Djamena, où sont stationnés 950 soldats et l'essentiel des moyens aériens français dans la région, doit jouer un rôle essentiel.

Paris entend développer "des partenariats étroits", politiques et militaires, avec les pays de la région. Lors de sa précédente tournée africaine, début janvier, M. Le Drian avait exposé les enjeux de ce redéploiement aux chefs d'Etat des principaux pays concernés.

Le dispositif français au Sahel et la situation en Centrafrique seront également au centre des entretiens qu'il aura en début de semaine en République du Congo.

La journée de lundi sera consacrée à la sécurité maritime sur la façade atlantique de l'Afrique. A Pointe-Noire, Jean-Yves Le Drian visitera le Centre régional de sécurisation maritime de l'Afrique centrale (CRESMAC), une organisation régionale qui a notamment pour but d'assurer la sécurité dans le Golfe de Guinée.

Il participera mardi à une table-ronde sur la paix en Afrique, dans le cadre des manifestations marquant le 25e anniversaire du protocole de Brazzaville, qui avait ouvert la voie à la paix en Afrique australe. L'occasion de s'entretenir avec plusieurs chefs d'Etat africains, comme le Gabonais Ali Bongo ou le Sud-Africain Jacob Zuma.

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