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Plusieurs milliers de manifestants pour défendre l'avortement à Madrid

08/02/2014 10:00 EST | Actualisé 10/04/2014 05:12 EDT

Plusieurs milliers de personnes, en grande majorité des femmes de tous âges, ont manifesté à Madrid samedi pour la défense de l'avortement et contre le projet gouvernemental qui supprime le droit à l'IVG en Espagne.

Criant "Avortement libre", les manifestants, rassemblés à l'appel de mouvements féministes, ont défilé devant le ministère de la Justice avant de se rassembler sur une place du centre de la ville, réclamant la "démission" du ministre Alberto Ruiz-Gallardon, qui a porté ce projet de loi.

"Cette loi nous renvoie 40 ans en arrière. J'ai deux filles, et elles peuvent être concernées", dénonçait Concha Merin, une manifestante âgée de 42 ans.

"Je pense aux libertés de toutes les femmes. L'Eglise ne doit pas se mêler de politique", ajoutait cette femme venue spécialement d'Extrémadure, dans l'ouest de l'Espagne, à plusieurs centaines de kilomètres de là.

Le projet de loi contesté supprime le droit à l'IVG en Espagne et n'autorise l'avortement qu'en cas de danger prouvé pour la vie ou la santé physique ou psychologique de la femme, ou après un viol ayant fait l'objet d'une plainte préalable.

Adopté le 20 décembre par le gouvernement conservateur de Mariano Rajoy, ce texte supprime celui de 2010, voté sous l'ancien gouvernement socialiste, qui autorisait l'avortement jusqu'à 14 semaines de grossesse pour toutes les femmes sans justification et jusqu'à 22 semaines en cas de malformation du foetus ou de grave danger physique ou psychique pour la mère.

Excluant les cas de malformation du foetus comme motif valable pour avorter, alors que ceux-ci étaient inclus dans la première loi adoptée sous la démocratie espagnole en 1985, le projet a suscité les critiques de la gauche et des mouvements féministes, mais aussi au sein même du parti de droite de Mariano Rajoy.

Le 1er février, des milliers de personnes avaient déjà manifesté à Madrid contre le projet de loi, qui doit encore être soumis au Parlement, et s'étaient rassemblées à l'arrivée d'un "train de la liberté" parti du nord de l'Espagne avec à son bord des militantes féministes.

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