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Nouveaux raids aux barils d'explosifs à Alep: 20 morts (ONG)

08/02/2014 10:03 EST | Actualisé 10/04/2014 05:12 EDT

Les hélicoptères de l'armée syrienne ont de nouveau largué samedi des barils d'explosifs sur Alep tuant 20 personnes, malgré les condamnations de l'ONU qui juge le recours à ces armes contraire aux lois internationales, selon une ONG.

Ailleurs dans le pays en guerre depuis près de trois ans, des affrontements ont opposé groupes rebelles dans la province de Deir Ezzor (est), selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Deux enfants figurent parmi les 20 personnes tuées dans des raids menés sur les quartiers est de la ville d'Alep (nord) contrôlés par les rebelles, a précisé l'OSDH qui s'appuie sur un large réseau de sources médicales et de militants à travers le pays.

Plusieurs centaines de personnes ont péri dans des raids similaires, qui parfois peuvent durer plusieurs jours de suite, depuis le 15 décembre 2013, a précisé l'ONG.

Des milliers de personnes ont fui les secteurs visés par ces attaques qui se sont intensifiées ces derniers jours faisant près de 300 morts, en majorité des civils dont des dizaines d'enfants, depuis le 1er février, selon un bilan de l'ONG.

Les troupes du régime contrôlent les quartiers ouest de la ville d'Alep et ont avancé ces derniers jours vers l'est et le nord, dont une grande partie est sous contrôle des rebelles.

Des raids aux barils d'explosifs ont également été lancés contre la ville de Daraya, un bastion rebelle de la province de Damas assiégé par l'armée depuis plus d'un an.

Le recours à ces barils remplis de TNT et à l'effet dévastateur a été condamné par la communauté internationale et les ONG de défense des droits de l'Homme.

Dans la province de Deir Ezzor, le groupe du Front al-Nosra, branche officielle d'Al-Qaïda en Syrie, et l'autre puissante brigade rebelle d'Ahrar al-Cham ont lancé une offensive contre l'Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL), selon l'OSDH.

Des groupes rebelles, excédés par les exactions attribuées à l'EIIL et sa volonté d'hégémonie, ont retourné début janvier leurs armes contre leur ex-allié dans la lutte contre le régime, dans les zones sous leur contrôle dans le nord et l'est du pays.

L'assaut à Deir Ezzor est intervenu au lendemain de la prise par l'EIIL de plusieurs bases dans la province de Hassaké au nord de Deir Ezzor. Ces deux provinces sont stratégiques car elles lient la Syrie à la frontière de l'Irak où l'EIIL, bien implanté, est aussi responsable de plusieurs attaques meurtrières.

Deir Ezzor est un principal passage pour le transfert d'armes et de combattants d'Irak en Syrie.

Plus de 1.800 personnes, la plupart des combattants, ont péri en janvier dans une offensive contre l'EIIL dans le Nord, selon l'OSDH, alors que le conflit en Syrie est devenu de plus en plus complexe avec outre les combats entre rebelles et régime, des affrontements entre rebelles et jihadistes venus en grande partie de l'étranger.

L'opposition politique a accusé l'EIIL de servir les intérêts du régime de Bachar al-Assad en ternissant l'image de l'opposition, dont la lutte avait commencé, en mars 2011, par des manifestations pacifiques réclamant des réformes démocratiques.

Mais face à la répression du régime, le soulèvement s'est militarisé au point de se transformer en un conflit sanglant, qui a déjà fait plus de 136.000 morts, selon l'OSDH.

ser/tp

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