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Déraillement d'un train touristique dans les Alpes françaises: deux morts, dont une Russe

08/02/2014 10:27 EST | Actualisé 10/04/2014 05:12 EDT

Deux femmes dont une Russe ont été tuées samedi dans les Alpes-de-Haute-Provence (sud de la France), dans le spectaculaire déraillement d'un train touristique provoqué par la chute d'un rocher de plusieurs tonnes.

L'accident s'est produit peu après 11H00 (10H00 GMT) dans une zone enneigée et difficile d'accès à mi-chemin du parcours de ce petit train local, l'un des plus originaux de France, qui relie Nice à Digne-les-Bains en plus de trois heures à flanc de montagne. A l'endroit de l'impact, le train roulait à vitesse réduite, limitée à 30 km/h sur cette portion de la ligne.

La touriste russe morte avait 49 ans, tandis que l'autre personne tuée, originaire d'un village voisin du lieu de l'accident, était âgée de 82 ans.

Huit des blessés, dont un grièvement atteint, ont été transportés à l'hôpital Saint-Roch de Nice. Une neuvième personne, très légèrement blessée, n'a pas été hospitalisée.

"C'est un accident tragique, dont les circonstances sont liées à une terrible fatalité : il y a eu concomitance entre le passage du train et l'éboulement de cet énorme rocher, d'une vingtaine de tonnes", a souligné le procureur de la République à Digne-les-Bains, Stéphane Kellenberger.

"Un énorme rocher s'est détaché de la montagne et il est venu percuter le train, derrière la cabine du conducteur. A la suite de l'impact, la partie avant du train a plongé dans le ravin", a expliqué le sous-préfet (représentant de l'Etat) de Castellane, Charbel Aboud.

"J'étais tranquillement en train de me reposer à l'arrière du train. J'ai pas compris, j'ai été projetée sur la gauche et j'ai vu la première partie du train qui descendait dans le talus", a raconté à l'AFP Floriane Bonnet, une passagère. "J'ai essayé de casser une vitre, mais je n'ai pas réussi, alors je suis sortie par l'avant".

"C'est comme si le rocher était tombé du ciel, comme un tremblement de terre", a confié un voyageur de 47 ans, Jean-Jacques Messaoud, qui a vu une victime avec la "carotide ouverte".

A l'hôpital, oeil tuméfié et regard vide, le mari de la femme russe tuée, un homme de 56 ans qui a dit venir de Moscou, était manifestement en état de choc, répondant avec difficulté aux questions des officiels, a constaté une journaliste de l'AFP.

Interrogé par l'AFP, l'un des autres blessés, Abdelaziz Ben Khalifa, un habitant de Nice âgé de 61 ans, a raconté avoir "vu une femme être éjectée du train".

Les 24 autres passagers, ressortis indemnes de l'accident, avaient pu rentrer chez eux plus tôt dans la journée.

Parcours vertigineux

Au total, 110 pompiers et 32 véhicules automobiles ont été mobilisés ainsi que deux hélicoptères.

Le "train des Pignes", plus que centenaire, bénéficie d'un matériel récent et a été mis en service en 2011, selon le conseiller régional délégué aux transports, Jean-Yves Petit.

Cet accident était "imprévisible, la voie avait fait l'objet d'une inspection le 14 janvier, il n'y a donc pas eu de défaut de vigilance", a déclaré le ministre des Transports Frédéric Cuvillier.

Le train, qui dessert à vitesse réduite une trentaine de communes et transporte moins de 500.000 voyageurs par an, est l'un des plus originaux de France. Sur son parcours sinueux et vertigineux à souhait de 151 km, très prisé des touristes, il emprunte 25 tunnels ainsi qu'une trentaine de ponts et de viaducs à flanc de montagne.

L'appellation "train des Pignes" remonterait à l'ouverture de la ligne, le 3 juillet 1911, lorsque le chef de dépôt de Nice fit allumer le foyer de la machine à vapeur avec des pommes de pin ("pigna" en langue provençale).

Selon une autre interprétation, le train serait ainsi baptisé en raison de sa faible vitesse qui permettait aux voyageurs de descendre sur les bas-côtés pour ramasser des pignes.

Le précédent accident ferroviaire meurtrier en France date du 12 juillet dernier, lorsqu'un train a déraillé dans la région parisienne (bilan : sept morts et des dizaines de blessés). Cet accident, provoqué par des "défauts" au niveau d'un aiguillage, a été l'une des pires catastrophes ferroviaires survenues en France en une vingtaine d'années.

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