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Syrie: trêve à Homs pour évacuer les civils après un long siège

07/02/2014 07:05 EST | Actualisé 09/04/2014 05:12 EDT

Des bus escortés par des ambulances du Croissant rouge syrien sont entrés vendredi dans la vieille ville de Homs pour évacuer des civils qui y sont assiégés depuis plus de 600 jours, à la faveur d'un accord et d'une trêve entre armée et rebelles.

Parallèlement, le régime de Bachar al-Assad confirmait sa participation au deuxième round de négociations avec l'opposition, prévu le 10 février à Genève, et visant à trouver une issue politique à la guerre qui ravage la Syrie depuis près de trois ans.

Un accord impliquant les protagonistes et l'ONU a été annoncé jeudi pour faire sortir les civils assiégés dans les quartiers tenus par les rebelles à Homs, troisième ville de Syrie considérée comme "la capitale de la révolution" et qui a payé au prix fort son opposition au régime Assad.

L'aide humanitaire, vitale pour les habitants pris au piège, et promise également par cet accord ne leur parviendra toutefois que samedi, a déclaré le gouverneur de Homs (centre), Talal Barazi.

Selon un journaliste de l'AFP sur place, plusieurs bus, une ambulance et deux véhicules du Croissant rouge, sont entrés dans la vieille ville de Homs, où une dizaine de quartiers tenus par les rebelles sont assiégés depuis plus de 600 jours par l'armée.

D'autres véhicules à bord desquels les civils seront évacués attendaient à l'entrée de la vieille ville.

Selon des militants anti-régime à Homs, un cessez-le-feu de quatre jours est entré en vigueur pour permettre l'évacuation de civils et l'acheminement d'aides.

Il n'y a plus eu d'échanges de tirs depuis minuit entre rebelles et soldats, a indiqué l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

"D'après ce que nous a informés l'ONU, le nombre prévu de gens pour sortir aujourd'hui de (Homs) est près de 200", a dit le gouverneur. "Les enfants de moins de 15 ans, les hommes de plus de 55 ans et les femmes" sont autorisés à partir.

Le régime ira à Genève

L'ONU, qui s'est félicité de cet accord entre les belligérants, a indiqué qu'il allait "permettre de fournir une aide vitale à 2.500 civils".

C'est la première fois que des civils sont évacués de Homs depuis le siège imposé par l'armée en juin 2012.

La situation humanitaire désespérée dans ces quartiers rebelles du Vieux Homs, où les habitants grappillent tout ce qu'ils trouvent pour se nourrir, a été maintes fois dénoncée par la communauté internationale.

En effet, aux bombardements quasi-quotidiens s'ajoutaient la pénurie de nourriture et de matériel médical dans l'un des principaux fronts de la guerre entre le régime et les rebelles.

Il s'agira aussi du premier geste humanitaire du régime depuis le premier round de négociations avec l'opposition qui s'est tenu à Genève fin janvier.

Le régime a confirmé sa participation au deuxième round des négociations initiées sous la pression de son allié russe et de Washington, soutien de l'opposition, dans l'espoir d'une solution politique au conflit, déclenché par une contestation pacifique en mars 2011 et qui a fait plus de 136.000 morts et des millions de réfugiés.

"Il a été décidé que la délégation syrienne participera au 2e round des négociations à Genève" lundi, a déclaré Le vice-ministre des Affaires étrangères Fayçal Moqdad, l'un des membres de la délégation au 1er round qui n'avait abouti à aucun résultat.

Et le prochain s'annonce aussi difficiles tant les positions des protagonistes sont éloignées.

Violences sans répit

Le responsable syrien a d'emblée répété que le régime, qui assimile les rebelles à des "terroristes" et exclut toute discussion sur un départ de M. Assad, insiste pour parler en premier de la question du "terrorisme", alors que pour l'opposition, le dossier central est la transition dans le pays excluant M. Assad.

L'opposition a déjà confirmé sa présence à la prochaine session, alors que les violences ne montrent aucun signe de répit.

Jeudi, les rebelles ont lancé un assaut contre la prison centrale d'Alep (nord), la deuxième du pays, contrôlant de larges partie de l'établissement, avant que les forces gouvernementales ne reprennent le dessus vendredi, selon l'OSDH. De plus, le sort des prisonniers était incertain en raison des versions contradictoires.

Ailleurs à Alep, le régime poursuivait ses raids aux barils d'explosifs qui ont tué plus de 250 personnes en 5 jours.

Le patron de l'ONU Ban Ki-moon a condamné ces pratiques, qui ont un "effet dévastateur sur les zones habitées" et sont contraires aux lois humanitaires internationales.

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