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Nord du Mali: au moins 30 morts dans des violences intercommunautaires

07/02/2014 04:07 EST | Actualisé 09/04/2014 05:12 EDT

Au moins 30 personnes ont été tuées jeudi lors de violences entre communautés peule et touareg près de Gao (nord du Mali), a appris l'AFP vendredi de sources concordantes, le gouvernement malien dénonçant "des actes terroristes".

Ces violences se sont déroulées jeudi "dans les environs de Tamkoutat", localité situé à environ 140 km au nord-est de Gao, selon un élu de la région, un ancien député de la zone et le ministère malien de la Sécurité.

"Une douzaine d'individus armés a froidement abattu une trentaine de (marchands) forains à bord de deux véhicules dont l'un a été brûlé et l'autre emporté par les bandits", a expliqué le ministère dans un communiqué, sans préciser les communautés d'origine des assaillants et des victimes.

"Le même jour et dans le même secteur, un groupe d'assaillants a braqué un troisième véhicule de transport, enlevé puis abattu les hommes d'un campement nomade. A la suite de ces actes terroristes, une délégation ministérielle conduite par le ministre de la Sécurité", le général Sada Samaké, s'est rendue à Gao "pour s'enquérir des circonstances du drame", a-t-il ajouté.

Le gouvernement s'est engagé "à faire toute la lumière sur ces assassinats et à traduire les présumés auteurs devant la justice".

Dans un communiqué distinct, la Mission de l'ONU au Mali (Minusma) a fait état de "graves incidents" survenus jeudi "aux alentours de Tamkoutat" et d'"affrontements intercommunautaires", sans non plus préciser les communautés impliquées.

"Des Casques bleus se sont immédiatement rendus sur place pour constater le lourd bilan des affrontements intercommunautaires faisant état de 24 morts et quatre blessés, dont un sérieux. Les blessés ont été transportés à l'hôpital de Gao", a ajouté la Minusma.

"Plusieurs suspects ont été appréhendés par les forces de sécurité maliennes", selon la même source.

Plus tôt dans la journée de vendredi, Oumar Maïga, élu de Gao, et Assarid Ag Imbarcaouane, ex-député de Gao, avaient affirmé à l'AFP que la veille, au moins 30 Touareg avait été tués lors d'une expédition punitive d'hommes armés de la communauté peule.

"Des Peuls armés, dont certains circulaient à moto, ont tué au moins 30 civils touareg pour se venger de l'enlèvement" d'un des leurs, avait dit M. Maïga.

"Nos parents ont été tués froidement, au moins 30 sont morts", avait déclaré M. Ag Imbarcaouane.

Une source des services maliens de sécurité jointe dans le Nord avait expliqué que les Touareg tués revenaient d'un marché à bord de deux véhicules, qui ont "été arrêtés par des Peuls armés, en représailles à l'enlèvement d'un Peul par des Touareg 24 heures plus tôt. Un des véhicules a été brûlé".

Les membres des communautés touareg et peule s'accusent mutuellement de vols de bétails et d'organiser des braquages dans les communes reculées du Nord.

Déjà tendues, les relations entre les Touareg minoritaires du nord du Mali et d'autres communautés de la région, comme les Peuls et les Songhaïs, se sont encore dégradées depuis le lancement début 2012 d'une rébellion touareg, en alliance avec des groupes jihadistes liés à Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi).

Cette rébellion a abouti à l'occupation du Nord pendant neuf mois par les groupes jihadistes: ils y ont commis de nombreuses exactions au nom d'une application stricte de la charia (loi islamique), marquée notamment par des lapidations et des amputations en public, ainsi que par la destruction de mausolées de saints musulmans et de milliers de manuscrits à Tombouctou (nord-ouest).

Une intervention armée internationale initiée par la France en janvier 2013 a mis fin à cette occupation, mais des éléments jihadistes continuent d'y sévir à intervalles réguliers.

Touareg et Arabes du nord du Mali sont souvent assimilés par les autres communautés aux rebelles et aux islamistes armés, exacerbant ainsi les tensions.

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