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Les Autochtones maîtres de leur éducation

07/02/2014 01:53 EST | Actualisé 08/04/2014 05:12 EDT

Les Premières Nations obtiendront la responsabilité de gérer leurs écoles, ce que plusieurs d'entre elles demandaient. Au menu de l'entente avec Ottawa, des exigences plus strictes pour les enseignants et des mesures pour promouvoir la présence à l'école et le taux de diplomation.

Vendredi, le premier ministre Stephen Harper a dévoilé les détails de son accord pour une réforme de l'éducation dans les réserves. Tant le gouvernement que l'Assemblée des Premières Nations (APN) parlent d'une entente historique. L'accord, dit le gouvernement, reconnaît que les Premières Nations sont les mieux placées pour administrer leur système d'éducation. Il reconnaît aussi l'obligation légale de celles-ci de rendre des comptes.

L'entente prévoit que les enseignants dans les réserves soient obligés d'obtenir une certification provinciale. Elle oblige aussi les parents et les écoles à veiller à ce que le seuil d'assiduité soit respecté. Les écoles autochtones devront également fournir des programmes d'éducation qui mènent à l'obtention de diplômes ou de certificats reconnus.

Financement accru, prévisible

Le gouvernement a aussi annoncé un financement à long terme pour l'éducation des Premières Nations. Il investira 1,25 milliard de dollars sur trois ans, dès 2016. Il retire la limite d'augmentation de 2 % imposée sur son financement aux Premières Nations depuis les années 1990 et la remplace par une augmentation annuelle progressive de 4,5 %. Un autre montant de 500 millions de dollars sur sept ans ira au financement d'infrastructures et 160 autres millions de dollars sont réservés pour l'implantation des mesures.

Lors d'une réunion spéciale des chefs en décembre dernier, l'Assemblée des Premières Nations a adopté une résolution rejetant le projet de loi fédéral qui aurait permis au gouvernement de s'immiscer dans le système d'éducation des Premières Nations.

Les chefs réclamaient plutôt que le gouvernement lui donne des garanties d'investissement à long terme et le contrôle de leurs écoles, ainsi que la reconnaissance de leur langue et leur culture dans leur programme.

Une victoire pour l'APN

« Aujourd'hui est une victoire pour les leaders des Premières Nations et pour les citoyens qui, depuis des décennies, et depuis la première génération de survivants des écoles résidentielles, réclament le contrôle de l'éducation des Premières Nations par les Premières Nations », a déclaré le grand chef de l'Assemblée des Premières Nations, Shawn Atleo.

Charles Weaselhead, le grand chef de la tribu Blood, a pour sa part « accepté d'accueillir cette annonce nationale », mais « n'appuie nullement la législation proposée dans sa forme actuelle ».

« Nous sommes cependant ouverts au dialogue continu et pour entretenir des relations », écrit celui qui représente les Premières Nations Kainai, Siksika, Tsuu Tina et Stoney de l'Alberta

La porte-parole du Nouveau Parti Démocratique en matière d'affaires autochtones craint que la plus grande partie du financement arrive après les élections de 2015.

Jean Crowder indique que les étudiants autochtones ne connaîtront pas immédiatement ces changements.

Elle se demande également si le gouvernement tiendra ses promesses, et si ce financement supplémentaire apparaîtra lors des prochains budgets.

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