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Le CPI enquêtera sur de possibles crimes contre l'humanité en Centrafrique

07/02/2014 12:28 EST | Actualisé 09/04/2014 05:12 EDT

La procureure de la Cour pénale internationale a annoncé, vendredi, l'ouverture d'une enquête préliminaire concernant de possibles crimes de guerre ou crimes contre l'humanité en République centrafricaine.

Fatou Bensouda a indiqué que le sort des civils centrafricains ne cesse de se détériorer depuis septembre 2012, et qu'elle a récemment reçu des informations concernant « la brutalité extrême de certains groupes ».

Pendant ce temps, craignant pour leur vie, des milliers de musulmans ont fui la capitale du pays vendredi, montant à bord de camions gardés par des soldats tchadiens lourdement armés. Un homme qui est tombé d'un camion a été tué et son corps ensuite mutilé, ce qui met en lumière la violence que risquent les musulmans qui choisissent de rester. Le convoi de quelque 500 véhicules est éventuellement parti vers le Tchad voisin, un pays majoritairement musulman. Des milliers de chrétiens ont applaudi et crié pour célébrer le départ des musulmans.

L'exode dont ont été témoins des journalistes de l'Associated Press survient après deux mois d'affrontements sectaires dans la capitale. Des musulmans accusés d'avoir collaboré avec l'ancien gouvernement rebelle ont été pris à partie par leurs voisins chrétiens.

Au cours des dernières semaines, des foules en colère ont incendié des mosquées, en plus d'attaquer et de mutiler des musulmans. Mercredi, un musulman soupçonné d'avoir été un espion à la solde des rebelles a été massacré à coups de couteaux et de blocs de béton. Des soldats en uniforme ont ensuite paradé son corps dans les rues avant qu'il ne soit démembré et brûlé.

« C'est une situation absolument horrible. Partout à Bangui, les quartiers musulmans sont détruits et vidés, a dit Peter Bouckaert, le directeur des services d'urgence pour Human Rights Watch. Leurs édifices sont détruits et démantelés, brique par brique, toit par toit, pour effacer tout signe de leur présence dans ce pays. »

L'organisme new-yorkais des droits de la personne a réussi à évacuer certains musulmans coincés, sous l'escorte de soldats de maintien de la paix.

Certains camions sont tombés en panne avant même d'avoir quitté Bangui, vendredi, et ont dû être abandonnés. Leurs passagers sont grimpés à bord d'autres véhicules, tout en étant constamment harcelés et insultés par une foule qui leur lançait des pierres.

L'organisation humanitaire Médecins sans frontières a indiqué vendredi que des dizaines de milliers de musulmans ont déjà fui vers le Tchad et le Cameroun, tandis que des communautés entières demeurent coincées dans le nord-ouest du pays. Quelque 8000 musulmans du village de Bouar « sont à toutes fins utiles prisonniers, incapables de fuir la violence ».

« Nous nous préoccupons du sort de ces communautés coincées dans leurs villages, entourés par des groupes antirebelles, et par le fait que plusieurs familles musulmanes sont contraintes à l'exil pour survivre », a dit la coordonnatrice des services d'urgence pour MSF, Martine Flokstra.

Aucune arrestation n'a été effectuée en lien avec le massacre de mercredi, qui s'est produit en présence de soldats africains de maintien de la paix.

« Ce qui s'est produit est très malheureux que nous ayons été incapables d'intervenir pour le sauver, mais le tout s'est déroulé très rapidement », a dit un porte-parole de la mission africaine, Eloi Yao.

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