NOUVELLES

Le cardinal Poupard: "tous sont maintenant rassurés"

07/02/2014 12:15 EST | Actualisé 08/04/2014 05:12 EDT

Le cardinal français Paul Poupard, ancien ministre de la Culture de Jean Paul II, estime que tout le monde est "rassuré" un an après la démission historique de Benoît XVI qui avait suscité des interrogations.

Q: la démission a-t-elle éveillé beaucoup de réprobations et de craintes?

R: Paul VI et Jean Paul II avaient déjà envisagé une éventuelle démission, mais y avaient renoncé pour ne pas créer de précédent. Il y avait aussi toujours la crainte d'avoir un pape (à côté du pape élu) auquel on puisse en appeler. Tous sont maintenant rassurés. Depuis la démission de Benoît XVI, on est passé au Vatican en un an de la stupeur et d'un brin de réprobation, à l'approbation sur fond de gravité.

Q: Quelle est la perception de Benoît XVI et de son pontificat aujourd'hui, très oubliés du grand public en raison du succès du pape François?

R: Curieusement, il n'a jamais été aussi présent sur la scène que depuis qu'il l'a quittée. S'est effacée en un an l'image fausse du Panzerkardinal. Sur fond de dérive de la société, il reste comme une référence lumineuse. Ce qui est apparu depuis un an dans les images télévisées a fait apparaître cette humble douceur. J'ai été très touché par la force avec laquelle il a véçu le mois difficile entre son annonce le 11 février et son départ le 28 février. Ratzinger est en train d'être reconnu comme un père de l'Eglise pour notre temps.

Dans sa retraite, Joseph Ratzinger a le sentiment d'avoir accompli sa tâche, d'avoir donné sa contribution. Entre sa bibliothèque et son piano, il a retrouvé son univers de Herr Doktor Professor. Il est fatigué et n'a pas envie de se mêler de ce qui se passe dans les palais apostoliques.

Q: Comment est perçu au Vatican le nouveau pape François? Un homme de rupture?

R: Avec Bergoglio, on a eu pour la première fois un regard neuf sur l'ensemble (du Saint-Siège). Ses prédécesseurs avaient tous fait carrière ou bien connu la Curie. Il y a ainsi comme un retour aux sources avec ce pape venu vraiment de loin. Il est perçu de manière évangélique, par son génie de la simplicité. Quand Benoît XVI parlait, il récitait un texte écrit. Bergoglio dit une parole vivante. Cette parole n'est pas limée. Cela produit quelque chose de profond dans l'Eglise. Ce renouveau est ressenti chez les évêques qui s'interrogent.

Propos recueillis par Jean-Louis de la Vaissière)

jlv/mle/ob

PLUS:hp