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JO-2014 - La Russie inaugure à Sotchi les "jeux de Poutine"

07/02/2014 06:36 EST | Actualisé 09/04/2014 05:12 EDT

La Russie inaugure vendredi les jeux Olympiques d'hiver parmi les plus controversés de l'histoire et chers au président Vladimir Poutine, avec une somptueuse cérémonie visant à impressionner le monde et certains observateurs sceptiques.

Grand ordonnateur des Jeux d'hiver organisés pour la première fois en Russie, Vladimir Poutine veut faire de ce rendez-vous planétaire une vitrine du pays, sept ans après avoir mis tout son poids dans la balance pour accueillir cette prestigieuse compétition.

Ces Jeux les plus chers de l'histoire (50 milliards de dollars, 37 milliards euros d'euros) constituent le plus grand événement international en Russie depuis la chute de l'URSS en 1991. Ils débutent sur fond d'inquiétudes sur la sécurité, sur des soupçons de corruption et sur une controverse liée à une loi russe "anti-gay".

Au lendemain des premières épreuves sportives et après les entraînements vendredi de la descente de ski hommes et femmes dans la montagne de Rosa Khoutor, la cérémonie d'ouverture s'ouvrira à 20H14 heure locale (16H14 GMT), symbolisant l'année en cours, dans le stade Fisht flambant neuf construit au bord de la mer Noire.

La présence de plus de 40 dignitaires du monde entier autour du président Poutine pendant le show rendra d'autant plus criante l'absence de certains dirigeants occidentaux.

Poutine rencontre Ianoukovitch

Parmi les hôtes les plus en vue figurent le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon, le président chinois Xi Jinping, le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan et le chef de l'Etat ukrainien Viktor Ianoukovitch, qui a fait le déplacement en dépit d'une grave crise politique dans son pays.

La venue de hauts dirigeants va donner lieu en marge des Jeux à un ballet diplomatique et des rencontres bilatérales que la Russie compte mettre à profit pour renforcer les liens avec d'importants alliés.

Vladimir Poutine s'est ainsi entretenu avec le président chinois et devait rencontrer vendredi M. Ianoukovitch.

Cependant, le président américain Barack Obama et plusieurs dirigeants européens parmi lesquels les présidents français et allemand, François Hollande et Joachim Gauck, ne viendront pas à Sotchi. Une absence interprétée par certains comme une volonté de marquer sa désapprobation envers la Russie après l'adoption en juin dernier d'une loi réprimant la "propagande" homosexuelle devant mineurs, stigmatisant les gays.

Les USA refusent de "se plier à la discrimination"

Barack Obama a expliqué jeudi qu'il avait nommé des athlètes homosexuels comme membres de la délégation américaine assistant à la cérémonie pour montrer que les Etats-Unis refusaient de "se plier à la discrimination".

A quelques heures de l'ouverture des Jeux, le président du Comité international olympique (CIO) Thomas Bach a implicitement reproché à certains dirigeants occidentaux de se servir des JO de Sotchi "pour faire des déclarations politiques sur le dos des sportifs".

Peut-être visait-il également le moteur de recherche Google qui célèbre l'ouverture des JO de Sotchi en affichant sur sa page d'accueil un logo aux couleurs du drapeau arc-en-ciel de la communauté gay et un extrait de la Charte olympique encourageant "la pratique du sport sans discrimination d'aucune sorte".

Face aux critiques, M. Poutine a assuré que tout le monde se sentirait bien aux Jeux de Sotchi et que les autorités feraient tout leur possible pour assurer la sécurité de cet événement organisé à quelques centaines de kilomètres des républiques instables du Caucase russe.

Les préoccupations sur la sécurité ont été relancées après les deux attentats meurtriers fin décembre à Volgograd, à 700 km de Sotchi.

"Les Russes font face à un énorme enjeu qui est de prévenir toute sorte d'acte terroriste ou de violence sur les lieux (des JO). Ils ont investi beaucoup de ressources à cet effet", a ajouté Barack Obama dans une interview à la chaîne NBC.

"Petits contretemps"

Le producteur de la cérémonie d'ouverture des Jeux, Konstantin Ernst, a déclaré vendredi que le show serait une "carte de visite" de la Russie et "un voyage dans les profondeurs de notre histoire".

Les spectateurs revivront la Russie médiévale, l'Empire, et le XXe siècle pendant deux heures et demie.

M. Ernst a aussi révélé la participation en avant-première du groupe russe d'électro-pop t.A.T.u., formé par deux chanteuses connues pour leurs mises en scènes et vidéos à connotation lesbienne.

Bien que les deux femmes se déclarent hétérosexuelles, leur présence pourrait être interprétée comme un pied-de-nez de la Russie dans la controverse sur la loi "anti-gay".

M. Bach a par ailleurs reconnu vendredi qu'"il y avait des petits contretemps ici ou là", mais que les problèmes, surtout liés à des problèmes d'hébergement, étaient en voie de règlement.

"Nous allons avoir une superbe cérémonie d'ouverture pour de superbes jeux Olympiques", a-t-il prédit.

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