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JO-2014 - Début à Sotchi de la cérémonie d'ouverture des "Jeux de Poutine"

07/02/2014 11:29 EST | Actualisé 09/04/2014 05:12 EDT

La cérémonie d'ouverture des jeux Olympiques d'hiver en Russie, chers au président Vladimir Poutine, a débuté vendredi à Sotchi par un grand show visant à impressionner le monde et certains observateurs sceptiques.

Quelque 40.000 invités parmi lesquels des dignitaires de plus de 40 pays assistent au spectacle qui s'est ouvert à 20H14 locales (16H14 GMT), symbolisant l'année en cours, au stade Fisht construit au bord de la mer Noire pour accueillir les Jeux d'hiver organisés pour la première fois en Russie.

Environ 3.000 artistes doivent participer au show prévu pendant deux heures et demi, dont les deux moments forts seront l'allumage de la vasque olympique par une personnalité dont l'identité a été gardée secrète et la déclaration par M. Poutine que les Jeux sont ouverts.

Grand ordonnateur des JO, Vladimir Poutine veut faire de ce rendez-vous planétaire une vitrine du pays, sept ans après avoir mis tout son poids dans la balance pour accueillir cette prestigieuse compétition, qui s'achèvera le 23 février.

Ces Jeux les plus chers de l'histoire (50 milliards de dollars, 37 milliards d'euros) constituent le plus grand événement international en Russie depuis la chute de l'URSS en 1991. Ils débutent sur fond d'inquiétudes sur la sécurité, sur des soupçons de corruption et sur une controverse liée à une loi russe "anti-gay".

La cérémonie d'ouverture se déroule au lendemain des premières épreuves sportives et après les entraînements vendredi de la descente de ski hommes et femmes dans la montagne de Rosa Khoutor.

La présence dans les tribunes de plus de 40 dignitaires du monde entier autour du président Poutine rend d'autant plus criante l'absence de certains dirigeants occidentaux.

Parmi les hôtes les plus en vue figurent le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon, le président chinois Xi Jinping, le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan et le chef de l'Etat ukrainien Viktor Ianoukovitch, qui a fait le déplacement en dépit d'une grave crise politique dans son pays.

La venue de hauts dirigeants s'accompagne en marge des Jeux d'un ballet diplomatique et des rencontres bilatérales que la Russie compte mettre à profit pour renforcer les liens avec d'importants alliés.

Vladimir Poutine s'est ainsi entretenu avec le président chinois et devait rencontrer M. Ianoukovitch.

Cependant, le président américain Barack Obama et plusieurs dirigeants européens parmi lesquels les présidents français et allemand, François Hollande et Joachim Gauck, ne sont pas venus à Sotchi. Des absences interprétées par certains comme une volonté de marquer leur désapprobation envers la Russie après l'adoption en juin dernier d'une loi réprimant la "propagande" homosexuelle devant mineurs, stigmatisant les gays.

Les USA refusent de "se plier à la discrimination"

Barack Obama a expliqué jeudi qu'il avait nommé des athlètes homosexuels comme membres de la délégation américaine assistant à la cérémonie pour montrer que les Etats-Unis refusaient de "se plier à la discrimination".

Peu avant la cérémonie d'ouverture, le président du Comité international olympique (CIO) Thomas Bach a implicitement reproché à certains dirigeants occidentaux de se servir des JO de Sotchi "pour faire des déclarations politiques sur le dos des sportifs".

Peut-être visait-il également le moteur de recherche Google qui célèbre l'ouverture des JO de Sotchi en affichant sur sa page d'accueil un logo aux couleurs du drapeau arc-en-ciel de la communauté gay et un extrait de la Charte olympique encourageant "la pratique du sport sans discrimination d'aucune sorte".

Face aux critiques, M. Poutine a assuré que tout le monde se sentirait bien aux Jeux de Sotchi et que les autorités feraient tout leur possible pour assurer la sécurité de cet événement organisé à quelques centaines de kilomètres des républiques instables du Caucase russe.

Les préoccupations sur la sécurité ont été relancées après les deux attentats meurtriers fin décembre à Volgograd, à 700 km de Sotchi.

"Les Russes font face à un énorme enjeu qui est de prévenir toute sorte d'acte terroriste ou de violence sur les lieux (des JO). Ils ont investi beaucoup de ressources à cet effet", a ajouté Barack Obama dans une interview à la chaîne NBC.

M. Bach a par ailleurs reconnu vendredi qu'"il y avait des petits contretemps ici ou là", mais que les problèmes, surtout liés à des problèmes d'hébergement, étaient en voie de règlement.

"Nous allons avoir une superbe cérémonie d'ouverture pour de superbes jeux Olympiques", a-t-il prédit.

bfi/pga/el

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