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"Etat très grave" du cameraman blessé pendant une manifestation à Rio

07/02/2014 08:00 EST | Actualisé 09/04/2014 05:12 EDT

Un cameraman de la chaîne de télévision brésilienne Bandeirantes se trouvait vendredi dans un état "très grave" après avoir été touché à la tête la veille par un projectile lors d'une manifestation contre la hausse du prix du transport à Rio.

"Santiago Andrade se trouve dans un état très grave au Centre de thérapie intensive de l'hôpital Souza Aguiar où il a subi une neurochirurgie car il a été atteint à la tête. Il est sous sédatifs, dans le coma", a déclaré à l'AFP une porte-parole de cet hôpital public situé au centre-ville.

Selon le site d'information Uol, le journaliste a perdu une partie de l'oreille et a un enfoncement de la boîte crânienne.

Des photos et vidéos diffusées dans les médias brésiliens montrent le moment où la caméraman est touché à la tête dans un nuage de flammes.

La police militaire (PM) affirme que la bombe a été tirée par des manifestants mais un reporter de la chaîne Globo News dit que le projectile a été lancé par la police, selon le site G1 de Globo.

Un correspondant de la BBC, Wyre Davies, a aidé à secourir son confrère brésilien en contenant l'hémorragie jusqu'à l'arrivée de l'ambulance.

"Je n'ai pas réussi à voir qui a lancé le projectile. Le cameraman était déjà à terre, insconscient, quand je l'ai vu", a dit Davies. "Deux minutes avant il y avait des manifestants qui lançaient des feux d'artifice sur la police", a-t-il ajouté.

Selon un communiqué du groupe Bandeirantes, "il n'est pas encore possible de dire si la victime a été atteinte par une bombe de gaz lacrymogène ou un cocktail Molotov".

Six autres personnes ont été blessées dont un policier, par un projectile, mais sans gravité, et 28 manifestants ont été arrêtés.

D'abord pacifique, la manifestation contre la hausse du prix du ticket de bus à Rio de Janeiro a dégénéré jeudi soir en affrontements violents entre manifestants et policiers.

Ces incidents, qui ont eu lieu à quatre mois du Mondial de football prévu à partir du 12 juin, ont éclaté quand les policiers ont évacué en faisant usage de gaz lacrymogènes la grande gare de Rio, Central do Brasil, qui avait été envahie par un millier de manifestants.

En juin 2013, des manifestations d'abord limitées mais durement réprimées contre l'augmentation du prix des transports publics à Sao Paulo et Rio, avaient servi de détonateur à la fronde sociale historique qui avait embrasé le Brésil pendant la Coupe des Confédérations de football.

L'Association brésilienne de journalisme (Abraji) a déploré ce troisième journaliste blessé cette année dans des manifestations, rappelant qu'en 2013, "114 journalistes ont été blessés dans la couverture de manifestations de rues", dans un communiqué.

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