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Bahreïn: manifestation anti-régime dans un village chiite

07/02/2014 12:46 EST | Actualisé 09/04/2014 05:12 EDT

Des milliers de Bahreïnis ont manifesté vendredi dans un village chiite près de Manama pour réclamer un gouvernement représentatif du peuple de Bahreïn, à une semaine du 3e anniversaire de l'apparition d'un mouvement de contestation contre le régime.

Bahreïn, un petit archipel du Golfe, est secoué depuis près de trois ans par un mouvement de contestation animé par les chiites, majoritaires, réclamant des changements dans le royaume dirigé par la dynastie sunnite des Al-Khalifa.

Selon des témoins les protestataires, arborant le drapeau national, ont défilé à Salmabad en chantant des slogans hostiles au gouvernement, dirigé par l'oncle du roi.

"A bas Khalifa", répétait la foule en référence au Premier ministre, le prince Khalifa Ben Salmane Al-Khalifa, en poste depuis plus de quatre décennies.

Dans un communiqué à la fin de la manifestation, l'opposition a réclamé la mise en place d'un gouvernement issu de nouvelles élections. "Pour être interrogé et contrôlé sur son action, un gouvernement doit être élu et exprimer la volonté du peuple", a-t-elle souligné.

L'opposition a appelé ses partisans à multiplier les manifestations pacifiques pour marquer le 3e anniversaire du déclenchement de la contestation.

Cet anniversaire intervient au moment où le pouvoir tente de relancer un dialogue national en vue d'une sortie de crise, suspendu début janvier.

Le 15 janvier, le prince héritier Salmane Ben Hamad Al-Khalifa s'est entretenu avec des représentants des groupes politiques "des moyens de surmonter les obstacles qui ont entravé la poursuite du dialogue national".

Après l'échec d'une session en juillet 2011, le dialogue national avait été réengagé en février 2013, mais sans résultat tangible.

Face à la persistance de la contestation, le pouvoir a alourdi les peines pour les auteurs de violences et introduit la peine de mort ou la prison à perpétuité en cas de morts ou de blessés. Les autorités ont également interdit les manifestations à Manama.

Selon la Fédération internationale des droits de l'Homme (FIDH), 89 personnes ont été tuées à Bahreïn depuis février 2011.

bur/tm/cbo

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