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Ukraine : une responsable américaine à Kiev, un opposant blessé par un colis piégé

06/02/2014 08:15 EST | Actualisé 08/04/2014 05:12 EDT

Un opposant ukrainien a été blessé jeudi par un colis piégé, alors qu'une haute responsable américaine tentait de faire pression à Kiev en faveur du dialogue, tout en se faisant accuser par Moscou de "faire du chantage" à l'Ukraine.

L'homme était en train d'ouvrir un colis étiqueté "médicaments" et faisant partie des nombreux dons reçus à la Maison des Syndicats transformée en QG de l'opposition, lorsque l'explosion s'est produite lui arrachant la main, ont indiqué ses camarades cités par l'agence Interfax-Ukraine.

La police de Kiev s'est bornée à confirmer l'hospitalisation d'un homme blessé à la main et au visage par une explosion.

La secrétaire d'Etat américaine adjointe Victoria Nuland est arrivée à Kiev à la veille d'une rencontre entre les présidents russe Vladimir Poutine et ukrainien Viktor Ianoukovitch à Sotchi, que le Kremlin a fait précéder par un avertissement contre tout changement de cap en Ukraine.

La diplomate a immédiatement rencontré les trois principaux dirigeants de l'opposition, Vitali Klitschko, Arseni Iatseniouk et Oleg Tiagnybok.

Selon un bref communiqué publié par le parti Batkivchtchina (Patrie) de M. Iatseniouk, leur entretien a porté sur la recherche d'une solution pacifique à apporter à la crise et notamment sur les perspectives d'une réforme constitutionnelle réclamée par l'opposition.

Mme Nuland devait rencontrer dans la journée le président Viktor Ianoukovitch, a-t-on appris auprès de l'ambassade des Etats-Unis.

Sa visite, après celle du chef de la diplomatie européenne Catherine Ashton mercredi, s'inscrit dans les efforts de l'Occident en faveur du dialogue en Ukraine pour mettre fin à la longue crise politique déclenchée en novembre par l'opposition de milliers de manifestants à la volte-face pro-russe du pouvoir.

Jeudi, au moment même de l'arrivée de Mme Nuland, le Kremlin a haussé le ton, sommant les Etats-Unis de cesser de "faire du chantage" à l'égard de l'Ukraine et de financer "les rebelles" dans ce pays.

"L'Occident doit arrêter le chantage et l'intimidation dont l'exemple est la rencontre de Nuland avec les oligarques, les représentants du président et de l'opposition", a déclaré un conseiller du président Vladimir Poutine, Sergueï Glaziev dans une interview au quotidien Kommersant Ukraine

"Il semble que les Etats-Unis misent sur un coup d'Etat", a ajouté M. Glaziev en affirmant que les Américains dépensent "20 millions de dollars par semaine pour financer l'opposition et les rebelles, y compris pour les armer".

"Tentative de coup d'Etat"

M. Glaziev dénonce aussi "une tentative de coup d'Etat en Ukraine" que le pouvoir doit, selon lui, combattre par la force pour éviter "le chaos".

La veille, le porte-parole du président Poutine, Dmitri Peskov, a déclaré que Moscou maintiendrait son aide de 15 milliards de dollars à l'Ukraine et la baisse de 30% du prix du gaz à condition que Kiev respecte de son côté ses engagements.

Alors que la diplomate américaine entamait sa visite dans la capitale ukrainienne, une colonne de manifestants de l'opposition d'environ 2.000 personnes a quitté la place de l'Indépendance, le Maïdan, pour se diriger vers le Parlement, protégé par des camions des troupes de sécurité.

Les travaux du Parlement portent actuellement sur la réforme constitutionnelle réclamée par l'opposition pour revenir à la Constitution de 2004 et réduire les pouvoirs présidentiels. Sans s'y opposer frontalement, M. Ianoukovitch propose de rédiger un nouveau texte, ce que l'opposition refuse, jugeant le procédé trop long.

Scandant "Honte au président" ou "Gloire aux patriotes et aux héros du Maïdan", faisant flotter les drapeaux nationaux et ceux des partis d'opposition, les manifestants, dont beaucoup étaient casqués, armés de matraques en bois et munis de boucliers de fortune, ont défilé en bon ordre devant les forces de l'ordre.

Nous voulons que Ianoukovitch parte et qu'on change de système", expliquait Igor du parti nationaliste Svoboda.

"L'argent promis (par Moscou) ce n'est pas la Russie qui le donne à l'Ukraine, c'est Poutine qui le donne à Ianoukovitch, ce n'est pas pour nous", ajoute une manifestante quinquagénaire, Maria.

Le Parlement européen a souhaité jeudi dans une résolution non contraignante des sanctions "ciblées" contre les responsables ukrainiens impliqués dans la répression du mouvement de contestation.

Le document vise "tous les fonctionnaires, tous les députés ukrainiens et des hommes d'affaires qui les soutiennent (oligarques)" entrant dans cette catégorie.

Le commissaire européen à l'Elargissement, Stefan Füle, doit retourner à Kiev la semaine prochaine pour y poursuivre les efforts de l'UE.

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