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Ukraine : Ianoukovitch arrive à Sotchi pour rencontrer Poutine en pleine crise ukrainienne

06/02/2014 02:32 EST | Actualisé 08/04/2014 05:12 EDT

Le président ukrainien, Viktor Ianoukovitch, est arrivé jeudi soir à Sotchi, où il doit rencontrer son homologue russe Vladimir Poutine, après s'être entretenu dans la journée à Kiev avec la diplomate américaine Victoria Nuland.

Son arrivée dans la station balnéaire russe où s'ouvrent vendredi les JO d'hiver a été annoncée à l'AFP par une source bien informée qui s'est refusée à indiquer quand M. Ianoukovitch pourrait voir M. Poutine. Ces entretiens "peuvent désormais avoir lieu à n'importe quel moment", a-t-on ajouté.

Au cours de sa rencontre avec Mme Nuland, le président ukrainien s'est dit ouvert au dialogue avec l'opposition et au compromis, pour dénouer la crise.

Alors que son pays est secoué depuis plus de deux mois par un bras de fer interminable avec l'opposition parlementaire et les contestataires occupant le centre de Kiev, M. Ianoukovitch a déclaré qu'il souhaitait procéder "le plus rapidement possible" à une réforme constitutionnelle.

Cette réforme doit toutefois être faite "dans le respect de toutes les procédures", a dit M. Ianoukovitch, selon un communiqué de la présidence.

C'est un point de divergence potentiel avec l'opposition, qui souhaite un retour rapide à la Constitution de 2004 pour réduire les pouvoirs présidentiels, tandis que le chef de l'Etat voudrait faire rédiger un nouveau texte.

M. Ianoukovitch a aussi annoncé que "des mesures seraient prises prochainement pour accélérer la remise en liberté" des manifestants arrêtés pendant les récents heurts avec les forces de l'ordre, toujours selon le communiqué. Ces heurts avaient marqué un tournant dans la crise, ayant fait au moins quatre morts et environ 500 blessés.

Le chef de l'Etat a fait ces déclarations après que la Russie lui a adressé au cours des dernières 48 heures des mises en garde répétées contre un changement de cap, laissant entendre que le versement de l'importante aide financière de Moscou dépendrait du comportement de Kiev.

Arrivée jeudi dans la capitale ukrainienne, la diplomate a immédiatement rencontré les trois principaux dirigeants de l'opposition, Vitali Klitschko, Arseni Iatseniouk et Oleg Tiagnybok.

Selon un bref communiqué du parti Batkivchtchina (Patrie) de M. Iatseniouk, leur entretien a porté notamment sur les perspectives d'une réforme constitutionnelle réclamée par l'opposition.

Au moment même de l'arrivée de Mme Nuland, le Kremlin a haussé le ton, sommant les Etats-Unis de cesser de "faire du chantage" à l'égard de l'Ukraine et de financer "les rebelles" dans ce pays.

"L'Occident doit arrêter le chantage et l'intimidation dont l'illustration est la rencontre de Nuland avec les oligarques, les représentants du président et de l'opposition", a déclaré un conseiller du président Vladimir Poutine, Sergueï Glaziev, dans une interview accordée au quotidien Kommersant Ukraine.

"Il semble que les Etats-Unis misent sur un coup d'Etat", a ajouté M. Glaziev, affirmant que les Américains dépensent "20 millions de dollars par semaine pour financer l'opposition et les rebelles, y compris pour les armer".

"Tentative de coup d'Etat"

M. Glaziev a aussi dénoncé "une tentative de coup d'Etat en Ukraine" que le pouvoir doit, d'après lui, combattre par la force pour éviter "le chaos".

La veille déjà, le porte-parole du président Poutine, Dmitri Peskov, avait déclaré que Moscou maintiendrait son aide de 15 milliards de dollars à l'Ukraine et la baisse de 30% du prix du gaz à condition que Kiev respecte de son côté ses engagements.

Cette aide avait été offerte par le Kremlin à la suite de l'abandon par M. Ianoukovitch d'un accord d'association avec l'UE, une volte-face qui avait déclenché la crise fin novembre.

La longue crise politique a affaibli ces jours derniers la monnaie ukrainienne, mais la hryvnia, qui a franchi mercredi la barre de neuf hryvnia pour un dollar sur le marché interbancaire, s'est ressaisie jeudi, cotant 8,88 en clôture.

A Kiev, deux opposants ont été blessés, dont un grièvement, jeudi par l'explosion d'un colis piégé, a indiqué la police.

Un homme était en train d'ouvrir un colis marqué "médicaments" et faisant partie des nombreux dons reçus par l'opposition, lorsque l'explosion s'est produite, lui arrachant la main et le blessant au visage, a rapporté la police. Un adolescent de 15 ans a été aussi touché, et brûlé aux yeux.

En Lituanie, l'opposant ukrainien torturé Dmytro Boulatov, a déclaré jeudi devant la presse que ses tortionnaires russophones l'avaient forcé à avouer qu'il était un espion américain.

Soigné dans un hôpital de Vilnius, M. Boulatov a dit avoir pensé que ses ravisseurs "devaient être des membres des services secrets russes".

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