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Thaïlande: manifestation de riziculteurs contre le gouvernement

06/02/2014 06:20 EST | Actualisé 08/04/2014 05:12 EDT

Des dizaines de riziculteurs thaïlandais ont manifesté jeudi à Bangkok, dernière expression de colère contre le gouvernement de la Première ministre Yingluck Shinawatra sur la sellette depuis trois mois.

Le gouvernement de Yingluck Shinawatra, dont l'électorat vient principalement des régions pauvres du nord et du nord-est du pays, avait décidé fin 2011 d'acheter le riz aux paysans à un prix largement plus élevé que les cours mondiaux afin d'augmenter leurs revenus, respectant ainsi une promesse électorale.

Ce programme, qui a coûté à la Thaïlande son rang de premier exportateur mondial de la céréale, a contribué largement aux accusations de corruption généralisée brandies par les manifestants depuis l'automne pour réclamer la tête de Yingluck.

Quelque 200 paysans avec leurs tracteurs se sont rassemblés jeudi devant le ministère du Commerce pour dénoncer les retards de paiement dans le cadre du programme.

"Je veux de l'aide du gouvernement parce que je n'ai plus d'argent. Nous avons beaucoup souffert, sinon nous ne serions pas venus", a déclaré Sunan Poompuang. "S'ils peuvent pas trouver une solution, que d'autres fassent leur travail".

Les riziculteurs ont également bloqué deux autoroutes menant à Bangkok, selon la police.

Le gouvernement accuse les manifestants dans la rue depuis l'automne d'avoir entravé le programme, Yingluck mettant notamment en avant ses pouvoirs limités depuis la dissolution du parlement en décembre.

Mais ses opposants décrivent le programme comme un moyen pour le gouvernement de s'assurer la loyauté des électeurs du nord et du nord-est, bastions du parti au pouvoir. Et ils insistent sur le fait que les problèmes avaient commencé avant la crise politique.

Les inquiétudes autour du programme d'aide aux riziculteurs sont montées d'un cran cette semaine avec l'annonce de l'annulation par une entreprise chinoise d'une commande d'un million de tonnes de riz, alors que les stocks sont estimés à près de 20 millions --même si le gouvernement est réticent à publier des chiffres précis.

Le contrat a échoué après l'inculpation en janvier par la commission anti-corruption de plusieurs responsables, dont l'ancien ministre du Commerce.

La commission a également lancé une enquête contre Yingluck en lien avec ce programme.

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