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Pour la chef de la diplomatie italienne, Berlin ne doit pas servir de bouc-émissaire

06/02/2014 05:29 EST | Actualisé 08/04/2014 05:12 EDT

La ministre italienne des Affaires étrangères, Emma Bonino, a estimé jeudi dans un entretien à la presse allemande que Berlin, adepte d'une politique d'austérité budgétaire en Europe, ne devait pas être pris pour bouc émissaire dans la gestion de la crise.

"Ceux qui rendent l'Allemagne responsable de tout ne se contentent pas d'émettre des contre-vérités, ils sont également injustes", a assuré la chef de la diplomatie dans le Süddeutsche Zeitung.

A ceux qui accusent l'Allemagne d'étrangler la croissance des pays du sud de l'Europe en imposant une stricte discipline budgétaire, Mme Bonino répond: "Je trouve cette critique adressée à Berlin assez mesquine et seulement partiellement justifiée".

"Prenez l'Italie: l'un des principaux problèmes est l'énorme endettement de l'Etat. Le service de la dette coûte 90 milliards d'euros par an", a-t-elle détaillé. "Ni l'Europe, ni l'Allemagne n'en sont responsables, mais l'Italie".

"L'économie italienne ne croît plus depuis dix ans. Aucun esprit malveillant à l'étranger n'est responsable de cela", a-t-elle conclu.

Mme Bonino doit recevoir vendredi à Rome le chef de la diplomatie allemande, Frank-Walter Steinmeier. L'Italie prendra la présidence tournante de l'UE au second semestre 2014.

Au plus fort de la crise en zone euro, certains pays comme la Grèce ou le Portugal ont dû consentir de douloureuses coupes budgétaires en échange de plans d'aide.

La chancelière Angela Merkel a été accusée par certains d'imposer de sévères cures d'austérité, ce qui l'a rendu très impopulaire dans certains pays du sud de l'Europe.

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