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"Plebgate": un policier condamné à un an de prison pour faux témoignage

06/02/2014 12:16 EST | Actualisé 08/04/2014 05:12 EDT

Un officier de police a été condamné jeudi à un an de prison pour avoir menti dans l'affaire du "Plebgate", qui a poussé à la démission l'année dernière un membre du gouvernement britannique, Andrew Mitchell.

Keith Wallis, 53 ans, a reconnu lors du procès qu'il avait menti lorsqu'il a dit avoir assisté à une altercation entre Andrew Mitchell et deux policiers qui voulaient empêcher le ministre de sortir à vélo par la grille de Downing Street en septembre 2012, prélude à quatre mois de scandale politique.

M. Wallis avait à l'époque envoyé au député John Randall un e-mail dans lequel, se faisant passer pour un simple témoin accompagné de son "neveu", il assurait avoir entendu M. Mitchell traiter les policiers de "sales prolos" ("fucking plebs").

Figure du parti conservateur, M. Mitchell avait reconnu avoir proféré des injures mais pas dans les termes relatés. Il s'en était expliqué et excusé, sans parvenir à éviter le scandale qui, outre qu'il avait plongé dans l'embarras le gouvernement conservateur de David Cameron, avait immédiatement été récupéré par les syndicats de police alors en pleine campagne contre les coupes budgétaires.

Le juge Nigel Sweeney a estimé jeudi que M. Wallis, membre du groupe de protection diplomatique de Scotland Yard, s'était rendu coupable, en maintenant son mensonge pendant trois mois, d'une "faute sournoise", "très en-dessous de ce qu'on pouvait attendre de la part d'un officier de police".

"Je ne suis pas en mesure d'établir précisément ce qui s'est passé entre les policiers et M. Mitchell à Downing Street et je ne suis pas censé le faire. Mais ce qui n'a pas eu lieu est très clair. Vous n'étiez pas un membre indépendant du public. Ni vous ni votre neveu n'étiez présents et aucun de vous n'a été témoin de l'incident", a ajouté le juge du tribunal de l'Old Bailey à Londres.

Pendant le procès, M. Wallis avait expliqué qu'il avait été très énervé contre M. Mitchell en entendant parler de l'altercation et qu'il avait en outre été bouleversé par la mort de deux policières la veille. Il a envoyé l'e-mail contenant son faux-témoignage en rentrant ivre chez lui le soir.

Plusieurs autres procédures judiciaires sont toujours en cours dans cette affaire. Alors que M. Mitchell poursuit le tabloïd The Sun pour avoir rapporté les propos de Toby Rowland, l'un des policiers en faction devant la grille, il est visé lui-même par une plainte en diffamation, émanant du même policier, qui l'accuse de l'avoir taxé de menteur.

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