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Nouvelles émeutes dans des lotissements proches de Johannesburg-Pretoria

06/02/2014 08:00 EST | Actualisé 08/04/2014 05:12 EDT

Plusieurs lotissements autour de Johannesburg et Pretoria ont été le théâtre jeudi de nouvelles scènes d'émeute obligeant la police sud-africaine à intervenir contre des riverains dénonçant avec violence le manque d'infrastructures, a constaté l'AFP.

A Bronkhortspruit, à l'est de la capitale sud-africaine Pretoria, environ 4.000 habitants ont érigé des barricades dans les rues de ce township où la protestation dure depuis une semaine et a occasionné d'importants dégâts.

La police a bouclé la zone jeudi mais un petit groupe a tenté de forcer le pasage en franchissant un cours d'eau avant d'être pris en chasse. "Des gens ont essayé de pousser les barrières et nous avons dû tirer des grenades assourdissantes", a indiqué un porte-parole de la police Johannes Japhta.

"La sitution est tendue mais nos agents sont préparés pour répondre à la violence", a-t-il dit, tandis que plusieurs véhicules blindés, certains équipés de canons à eau, patrouillaient le township, empêchant la population d'en sortir.

Le maire, membre de l'ANC au pouvoir, devait s'adresser à la foule qui dénonce le prix de l'électricité et les coupures de courant. La veille, la police a procédé à cinquante arrestations après l'incendie d'un dispensaire et de plusieurs bâtiments publics.

A Sebokeng, dans l'est de Johannesburg, six personnes ont été arrêtées jeudi pour violence publique après des heurts avec la police. Les habitants qui réclament des logements, avaient recommencé à manifester dès l'aube.

"La police a formé une barrière pour empêcher les gens de bloquer la principale route du township. Des jeunes ont tenté de forcer le passage et nous avons dû tirer des balles en caoutchouc et des gaz lacrymogènes", a indiqué un autre porte-parole de la police, Tshekiso Mofokeng.

Ces scènes de violence dans la principale agglomération sud-africaine ne sont pas sans rappeler les années d'apartheid quand la population noire manifestaient son opposition au régime raciste, en brûlant des pneus ou des édifices publics, et se battait avec la police.

L'Afrique du Sud est dirigé depuis 1994 par l'ANC, mais les infrastructures locales laissent à désirer dans maints endroits.

Depuis janvier, ces manifestations ont occasionné la mort de neuf manifestants apparemment tués par la police.

Sur la défensive, le gouvernement qui affronte des élections générales au deuxième trimestre, a condamné la violence des manifestants et dénoncé l'usage d'enfants comme boucliers humains.

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