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Marois : « Je ne ferai pas de stratégie sur la place publique » 

06/02/2014 10:31 EST | Actualisé 08/04/2014 05:12 EDT

Au terme du caucus qui réunissait les députés de son parti, jeudi, Pauline Marois a déclaré que des élections se tiendront « au moment opportun », avant ou après la présentation d'un budget.

« Je ne ferai pas de stratégie sur la place publique », a-t-elle répliqué aux questions des journalistes.

Et cette décision dépendra beaucoup de ce que fera l'opposition, a poursuivi en substance Pauline Marois. Cette dernière s'étonne que les partis d'opposition disent, d'ores et déjà, ne pas vouloir appuyer le prochain budget, alors qu'« ils ne l'ont pas vu ».

« Leur attitude est de vouloir le bloquer », a-t-elle fait valoir lors d'un point de presse après la clôture du caucus tenu par le PQ à Shawinigan, ces deux derniers jours. 

Rappelons que Philippe Couillard, chef du Parti libéral du Québec (PLQ), a déclaré jeudi qu'il serait étonnant que les libéraux soutiennent cet éventuel budget. M. Couillard reproche au gouvernement Marois de ne pas donner l'heure juste sur la situation des finances publiques au Québec. Selon lui, les péquistes tentent de « faire diversion »

Encore du pain sur la planche

Pauline Marois affirme que ses troupes ont « hâte de revenir à l'Assemblée nationale, hâte de débattre avec M. Couillard ». Ce dernier fera son entrée à l'Assemblée nationale à la reprise des travaux parlementaires le 11 février, soit mardi prochain. La première ministre affirme en outre que, durant ces travaux, son gouvernement veut « cheminer », voire faire adopter ce qui a trait aux dossiers suivants : 

  • Mourir dans la dignité;
  • consultation sur la charte des valeurs;
  • assurance autonomie (pour des meilleurs soins aux aînés);
  • politique jeunesse.

En ce qui a trait au premier dossier, le chef du PLQ, Philippe Couillard, a indiqué en janvier qu'il entend voter en faveur du projet de loi sur l'aide médicale à mourir.

Le procès du fédéralisme 

Avec son livre blanc sur l'avenir du Québec, un projet annoncé par le PQ mercredi, le gouvernement péquiste souhaite consulter la population dans chacune des régions et de souligner à grands traits les errements du système fédéral, aux dires du ministre des Affaires intergouvernementales, Alexandre Cloutier.

S'il ne faut pas « présumer des conclusions de cette consultation », il est évident, selon le ministre, que « le système du fédéralisme nuit à l'économie du Québec [et] nuit à plusieurs égards aux Québécois ». Il a cité en exemple les différends sur la réglementation des valeurs mobilières et sur le financement des fonds de travailleurs.

« Il est grand temps qu'on en prenne à nouveau connaissance et qu'on apporte les correctifs nécessaires », a-t-il dit en point de presse.

Rester, ou ne pas rester, au sein du Canada

L'une des raisons pour lesquelles la première ministre entretient le flou sur la date du prochain référendum est qu'elle ne veut pas fournir de munitions au gouvernement fédéral, a admis le ministre de l'Enseignement supérieur, Pierre Duchesne.

« Vous ne pouvez pas annoncer, téléguider des gestes semblables à l'avance. Le gouvernement fédéral a tout fait dans les deux derniers référendums pour ne pas respecter la démocratie », a-t-il soulevé, dénonçant les manœuvres passées d'Ottawa pour influencer le vote en faveur du non. « En 1994, affirme-t-il, ils ont fait peur aux personnes âgées en leur disant qu'elles perdraient leur chèque de pension. »

À trois ans du 150e anniversaire du Canada (2017), il est temps que les Québécois puissent évaluer s'ils ont joué gagnants en joignant la fédération, a pour sa part estimé le ministre des Relations internationales, Jean-François Lisée.

« On peut peut-être se poser la question : est-ce que c'était une bonne affaire? Et est-ce qu'on veut renouveler pour 150 ans? Alors on va se poser cette question », a-t-il dit.

Un référendum, peu importe l'issue des consultations

Mais, peu importe le résultat de la consultation, le Parti québécois restera bien campé sur la position en faveur de la souveraineté, a prévenu M. Lisée. « Nous n'allons pas changer d'idée, ça, c'est clair », a-t-il tranché.

Le député Léo Bureau-Blouin, la caution « jeunesse » du Parti québécois, voit dans le livre blanc une occasion pour les jeunes d'embrasser le projet d'indépendance de leurs aînés.

« Ça va être la première génération post-1995 à se positionner sur la question nationale. De plus en plus de jeunes Québécois, on le voit dans les sondages, ont un grand degré d'indécision », a-t-il dit.

De l'avis de l'ancien leader étudiant, l'initiative « va réussir à faire regagner la ferveur » souverainiste.

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