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Maintien du train dans l'est du pays : le NPD monte au front

06/02/2014 01:37 EST | Actualisé 07/04/2014 05:12 EDT

Les députés du NPD Philip Toone et Yvon Godin dénoncent l'inaction du gouvernement conservateur dans le dossier du maintien du service de passagers de Via Rail dans l'est du Canada.

En effet, l'incertitude qui pèse sur la pérennité du tronçon de la voie ferrée entre Miramichi et Bathurst fait craindre la perte du service de train de passagers en Gaspésie et dans le nord-est du Nouveau-Brunswick.

L'inquiétude au sujet du maintien du service en Gaspésie et dans l'est du Bas-Saint-Laurent, est suscitée par le fait que le train partira dorénavant vers les Maritimes à la jonction de Saint-Alexandre-de-Kamouraska, soit à l'extrémité ouest du Bas-Saint-Laurent. Les villes comme Rivière-du-Loup, Rimouski et Mont-Joli pourraient aussi perdre le service de train de passagers.

Le Canadien National (CN) a en effet mis en vente en janvier le tronçon de 70 kilomètres entre Miramichi et Bathurst. Faute d'acheteur, d'ici six mois, le tronçon sera démantelé. Si tel était le cas, les deux députés du NPD croient que des milliers de personnes qui habitent dans l'est du pays perdront de facto le service de train de passagers. C'est, disent-ils, l'unique liaison qui relie le pays d'un bout à l'autre.

Tant Via Rail que le gouvernement ont indiqué qu'ils n'avaient pas l'intention de se porter acquéreur du rail. Le député rappelle que Via Rail est une société d'État et qu'elle a donc l'obligation de desservir aussi les régions éloignées du Canada. « Il faut voir absolument Via Rail comme un service essentiel au pays. Les autres compagnies de transport n'ont pas à être propriétaires de la route pour être rentables », souligne le député de Gaspésie-Les Îles.


De l'aveu même du député qui a rencontré la ministre des Transports, Lisa Raitt, à ce propos, le gouvernement conservateur estime que la solution doit venir du secteur privé. Pourtant, note le député, le CN a indiqué qu'il était prêt à conserver le rail s'il obtenait le soutien gouvernemental. « La solution au Nouveau-Brunckwick, relève M. Toone, est venue du privé, en partenariat avec le gouvernement provincial. On ne demande pas moins et pas plus du gouvernement fédéral. Ce dernier souligne que c'est le seul ordre de gouvernement qui ne s'implique pas dans le dossier. Pourtant, d'après le député Philip Toone, la somme à investir n'est pas si considérable : « 10 millions sur 15 ans. Je pense que c'est faisable. »

Année électorale

Le député de Gaspésie-Les Îles croit toutefois que le gouvernement pourrait se montrer plus attentif aux demandes des citoyens si ces derniers se mobilisent puisque, fait remarquer Philip Toone, les conservateurs se préparent pour les élections de 2015. Les députés Godin et Toone font d'ailleurs état des pétitions qui circulent tant en Gaspésie, au Bas-Saint-Laurent, que dans la région de la baie des Chaleurs, au Nouveau-Brunswick.

Par ailleurs,le maire de Rimouski et président de l'UMQ, Éric Forest, a indiqué, mercredi, qu'il entendait communiquer avec son vis-à-vis de l'Union des municipalités francophones du Nouveau-Brunswick pour définir une stratégie commune afin de forcer Via Rail à modifier ses plans.

Les travailleurs du rail ont aussi exprimé leurs inquiétudes relativement à l'abandon du tronçon. Le syndicat Unifor, qui représente les travailleurs, demande une consultation publique avant l'abandon de cette section de la voie ferrée.

Le tronçon ferroviaire de 70 kilomètres est considéré comme la partie la plus importante de la subdivision Newcastle - située au centre, entre la jonction Nelson et la jonction Nepisiquit. Environ 50 % du trafic de passagers de la ligne Océan provient du nord de Moncton, de la Matapédia et des villes du Bas-Saint-Laurent.

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