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Les députés européens demandent des sanctions contre le pouvoir ukrainien

06/02/2014 06:36 EST | Actualisé 08/04/2014 05:12 EDT

Le Parlement européen a souhaité jeudi des sanctions "ciblées" contre les responsables ukrainiens impliqués dans la répression du mouvement de contestation pro-UE, citant notamment les fonctionnaires, députés et oligarques.

Dans une résolution, juridiquement non contraignante, approuvé en séance plénière à Strasbourg, le Parlement "condamne vivement l'escalade de la violence" et appelle l'Union européenne à prendre des "mesures immédiates" et "ciblées", "à l'égard de tous les fonctionnaires, de tous les députés ukrainiens et des hommes d'affaires qui les soutiennent (oligarques)".

Les élus citent notamment, comme possibles sanctions, une "interdiction de déplacement" et un "gel des avoirs".

Au moment même où le Parlement votait, la porte-parole de la chef de la diplomatie de l'UE, Catherine Ashton, affirmait à Bruxelles que l'UE "n'était actuellement pas dans une stratégie de sanctions".

Les eurodéputés ont demandé également que le président Viktor Ianoukovitch "mette fin au recours honteux à la police anti-émeute (...) et à d'autres forces de sécurité consistant à provoquer, à enlever, à harceler, à torturer, à passer à tabac et à humilier" les militants pro-euopéens.

Ils "exigent" enfin "la libération immédiate et inconditionnelle ainsi que la réhabilitation politique de tous les manifestants et prisonniers politiques détenus illégalement, y compris de (l'ancien Premier ministre) Ioulia Timochenko".

Mercredi, le commissaire européen chargé des relations de voisinage, Stefan Füle, avait annoncé devant les députés qu'il comptait retourner à Kiev la semaine prochaine pour y poursuivre les efforts de l'UE pour un règlement politique à la crise ukrainienne.

La représentante de la diplomatie de l'UE, Catherine Ashton, a elle-même rencontré mercredi à Kiev le président Ianoukovitch et les principaux dirigeants de l'opposition. Elle a estimé que le pouvoir ukrainien devait "faire beaucoup plus" en matière de réformes.

"Nous voulons faciliter le dialogue politique et éviter les scénarios les plus négatifs y compris celui d'un état d'urgence", a déclaré de son côté M. Füle. "La désescalade reste notre priorité" alors que les événements des dernières semaines ont attesté "que ce qui est jeu est l'avenir même de l'Ukraine", a-t-il ajouté.

Il a réaffirmé que l'UE était prête à envisager un soutien financier à l'Ukraine avec le FMI si le pays s'engageait "dans une voie positive avec des réformes politiques et structurelles".

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