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Kenya: le procureur général poursuivra rapidement les auteurs présumés du viol d'une adolescente

06/02/2014 10:35 EST | Actualisé 08/04/2014 05:12 EDT

Le procureur général du Kenya, Keriako Tobiko, a annoncé jeudi son intention de poursuivre les responsables présumés du viol d'une adolescente de 16 ans, après l'inaction judiciaire qui avait déclenché la colère dans le pays et dans le monde.

"L'affaire part en justice sans plus de délais", ont déclaré le bureau du procureur, la coalition sur la violence faite aux femmes et la fédération des femmes avocates dans un communiqué commun.

Selon l'accusation, les "preuves médicales" sont suffisantes pour étayer les accusations de "violences sexuelles".

L'affaire avait suscité la colère au Kenya fin 2013, à mesure que les détails en étaient révélés dans la presse.

Les médias avaient rapporté que la jeune fille, identifiée sous le pseudonyme de Liz, avait été battue, violée et jetée dans une fosse septique en juin par six hommes alors qu'elle revenait des funérailles de son grand-père dans l'ouest du Kenya.

La presse avait également révélé qu'elle connaissait certains de ces agresseurs et trois suspects avaient été conduits par des habitants à la police. Mais celle-ci les avait laissés repartir, leur ordonnant seulement auparavant de débroussailler les abords du commissariat.

Aucune poursuite n'a jusqu'ici été engagée dans cette affaire. Depuis son agression, l'adolescente se trouve dans un fauteuil roulant, sa colonne vertébrale ayant été abîmée.

En octobre, une pétition réclamant "Justice pour Liz" avait été lancée par une militante kényane des droits des femmes, Nebila Abdulmelik, membre du Réseau de développement et de communication des Femmes africaines (Femnet). Plus d'un million de personnes l'avaient signée à travers le monde.

Dans la foulée, le président de la Cour suprême kényane avait réclamé une "action immédiate" contre les violeurs présumés.

Le chef de la police kényane, David Kimaiyo, qui avait remis en doute le témoignage de la jeune fille, avait de son côté laissé entendre qu'aucune poursuite ne risquait d'être entamée.

Le procureur général a annoncé également l'ouverture d'une enquête sur les manquements de la police au début de cette affaire.

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