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JO-2014 - Descente: pour que le corps et le coeur exultent

06/02/2014 09:02 EST | Actualisé 08/04/2014 05:12 EDT

"Vivement dimanche": plus que le titre d'un film de François Truffaut, c'est le cri du corps et du coeur des descendeurs qui ont découvert jeudi, lors du premier des trois entraînements, le tracé nouveau cru de Rosa Khoutor pour l'épreuve-reine des JO de Sotchi.

Sous le ciel limpide des montagnes du Caucase, les intrépides ont aussi apprécié le premier soleil qui avait abandonné la Coupe du monde de ski alpin.

Janvier n'avait été qu'une litanie de mauvais temps et, en conséquence, d'épreuves écourtées, comme à Wengen -la plus longue du circuit devenant la plus courte- ou dénaturées comme à Kitzbühel, où la Streif avait été amputée du fameux dévers final. Et carrément annulée à Garmisch-Partenkirchen puis à St Moritz.

"C'est super-agréable. Que du bonheur!", s'exclame le Français Johan Clarey, qui revit. Et ne tarit pas d'éloges sur la piste.

"Je la trouve beaucoup mieux tracée qu'il y a deux ans (pour l'épreuve-test des Jeux). Il y a le haut qui est encore très tournant mais la neige est tellement agréable à skier... Ils nous lâchent un peu plus avant le saut de l'intermédiaire. Je trouve que ça s'enchaîne mieux", explique Clarey, 3e en décembre à Val Gardena (Italie).

"Elle est complète, elle est physique", résume le skieur de La Clusaz (Haute-Savoie).

"Ce sera une vraie bataille sur cette piste de haut-niveau", souligne le Canadien Erik Guay, champion du monde 2011. Une bagarre à laquelle le Québécois, absent à Kitzbühel pour soigner un genou douloureux, compte bien participer.

"On a gagné quatre secondes par rapport à il y a deux ans, mais cela reste difficile et physique. Ca tape beaucoup. C'est difficile de faire des écarts sur le haut, ça se jouera sur la partie intermédiaire", pronostique le Français Adrien Théaux, 3e il y a deux ans sur la même pente.

Innerhofer en a rêvé

"La neige compacte, dure, me convient. J'en ai rêvé depuis le début de la saison et finalement j'ai trouvé les bonnes conditions", indique, sourire enjôleur, l'Italien Christof Innerhofer.

Ce qui n'empêche pas, la seconde d'après, le champion du monde de super-G sur la glace de Garmisch, en 2011, de renvoyer sèchement à son époque -mais c'était seulement il y a une quinzaine d'années-, son compatriote Kristian Ghendina, le fou descendant de Cortina.

Désormais conseiller des descendeurs croates, +Ghedo+ a affirmé mercredi, rejoint par d'autres illustres anciens, que la descente olympique de Rosa Khoutor, trop tournante, trop super-G, ne respectait pas l'esprit de l'épreuve.

"Maintenant, c'est une vraie descente", lâche Innerhofer, excédé.

Homme tous temps et de tous les podiums de descente cette saison, le géant norvégien Aksel Lund Svindal n'a pas réussi à apprivoiser la pente comme il aurait souhaité au premier rendez-vous.

Il n'en reste pas moins élogieux. "Vous avez une neige dure au départ, et ensuite de la glace en vaguelettes dans la partie centrale. Et cette combinaison me paraît constituer la partie la plus exigeante", explique le leader de la Coupe du monde.

Il y a, in fine, l'opinion du maître-technicien Bode Miller, meilleur chrono jeudi.

"Bode le magnifique" dresse un portrait du vainqueur qui lui ressemble comme deux gouttes d'eau.

L'élu sera, affirme le vétéran, celui qui aura appris le mieux "à lire le tracé, aura su lier les différentes parties et emmener le plus de vitesse d'une section à la suivante".

Le génie du New Hampshire ne doute pas qu'il est l'Homme de la situation.

asc/jr

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