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JO-2014 - Cérémonie d'ouverture: spectacle secret et tribunes diplomatiques sur la mer Noire

06/02/2014 10:33 EST | Actualisé 08/04/2014 05:12 EDT

Le culte du secret s'est à nouveau emparé de la cérémonie d'ouverture des jeux Olympiques, Sotchi n'échappant pas à la règle, alors que l'évènement, centrée sur l'histoire et la culture russe, aura une forte connotation politique et dipomatique, vendredi au stade olympique Fisht à partir 20h14.

Comme à Londres en 2012, le Comité d'organisation est avare d'informations sur les 2h30 d'une cérémonie qui atteindra son acmé au moment où les Jeux seront officiellement déclarés "ouverts". A deux pas des plages de la mer Noire, huit périodes historiques et fiertés de la culture russe seront célébrées sous l'oeil de Vladimir Poutine. Mais, à part les titres de ces tableaux: rien ou presque.

L'épopée russe a été découpée en trois actes: la Russie médiévale, l'Empire, puis le 20e siècle. Des hommages seront rendus à la ville de Kostroma, fer de lance de la résistance aux invasions mongoles et tatares, Saint-Pétersbourg, Moscou, Pierre le Grand et l'Avant garde artistique du début du XXe siècle des Kazmir Malevich et Sergei Eisenstein. Sans oublier les bals impériaux et la "Reconstruction".

Ces scénettes seront présentées aux 40.000 spectateurs à grands renforts d'effets pyrotechniques et de figurants en costumes chatoyants. Les répétitions ont laissé entendre un niveau sonore élevé alors que des chevaux lumineux volants ont été aperçus. Les Choeurs de l'Armée rouge feront entendre leurs voix et des médias russes ont annoncé la présence du pianiste Denis Matsouïev, du violoniste Iouri Bachmet et du groupe préféré de Vladimir Poutine, Lube.

Aucune information n'a en revanche filtré sur l'arrivée de la flamme dans le flambant neuf stade Fisht, après son périple de 65.000 km, à travers l'espace et le lac Baïkal notamment. Le Comité d'organisation doit espérer que le flambeau olympique ne s'éteigne au pire moment: c'est arrivé 44 fois depuis que la flamme a fait le voyage de la Grèce à la Russie.

Le défilé des athlètes devrait aussi assurer le spectacle. Les costumes officiels seront partie intégrante du show, avec en têtes de gondole, l'allemand, chamarré et extravagant puis l'américain, inspiré de Noël et non moins extravagant. Le charme sera aussi au rendez-vous alors que les panneaux annonçant les délégations seront portés par des mannequins, dont certaines célèbres.

Diplomatie et protestations

Les tribunes seront le théâtres d'un tout autre spectacle. Vladimir Poutine accueillera en effet 44 grands leaders internationaux, dont le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon, alors que les absences de certains autres, en protestation notamment contre la politique russe en matière de Droits de l'homme et la loi sur la "propagande" homosexuelle, se feront sentir.

Ainsi, le président ukrainien Viktor Ianoukovitch, contesté dans les rues de Kiev, sera bien présent au côté de M. Poutine, tout comme le Chinois Xi Jinping. Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan et son homologue japonais Shinzo Abe assisteront à la cérémonie et profiteront de l'occasion pour avoir des discussions bilatérales avec le Kremlin.

Plus controversés, le président biélorusse Alexandre Loukachenko et Leonid Tibilov, le président de la région séparatiste géorgienne, l'Ossétie du Sud, reconnue par Moscou, ont prévu de tenir leurs places.

Au rayon des "protestataires", le Premier ministre britannique David Cameron ainsi que les présidents français, François Hollande, et allemand, Joachim Gauck, se sont abstenus.

Le président du Comité olympique international, Thomas Bach, n'a pas apprécié ses défections lourdes de sens. Dans une pic aux leaders occidentaux, l'Allemand a déclaré: "Nous avons vu quelques politiciens dont la contribution à une bonne cause aura été de décliner une invitation qu'ils n'ont pas reçu." De quoi réchauffer l'ambiance dans des tribunes refroidies par la brise venue du large.

mam/

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