POLITIQUE

Le Fonds de solidarité FTQ présente ses nouvelles règles

06/02/2014 06:17 EST | Actualisé 08/04/2014 05:12 EDT
PC

Le Fonds de solidarité de la Fédération des travailleurs du Québec (FTQ) doit faire connaître ses nouvelles règles de gouvernance aujourd'hui.

Au caucus du Parti québécois qui se tient à Shawinigan, la ministre du Travail, Agnès Maltais, a haussé le ton, en faisant écho aux critiques de l'opposition caquiste. Elle a pressé les gestionnaires du Fonds de présenter leurs nouvelles règles de gouvernance rapidement, pour assainir les pratiques et rétablir la crédibilité du Fonds, mise à mal par les révélations de la commission Charbonneau.

En comparution devant une commission parlementaire au début de novembre dernier, la haute direction du Fonds avait pris l'engagement de présenter de nouvelles règles au gouvernement, qui pourra ensuite changer la loi. Le Fonds s'était engagé à rendre un rapport au plus tard le 31 mars 2014.

La CAQ de François Legault est toutefois plus pressée et exige rapidement d'enlever le Fonds des mains de la FTQ. En marge du caucus du PQ qui s'est ouvert mercredi matin à Shawinigan, Agnès Maltais a demandé à M. Legault un peu de patience, tout en poussant également les dirigeants du Fonds à bouger.

« Il [François Legault] pose une bonne question sur une chose : est-ce que le Fonds de solidarité a entendu ce qui s'est passé en commission parlementaire et ce à quoi on s'attend? Ça devrait arriver bientôt d'après moi, je pense qu'il faut qu'il [le Fonds] réponde bientôt », a-t-elle déclaré en point de presse.

Puis elle a insisté de nouveau: « On s'attend à voir de nouvelles règles de gouvernance et on les demande très bientôt. [...] On s'attend à ce que ça arrive bientôt, un peu de patience M. Legault, quelques heures encore. »

De fait, peu après, en milieu d'après-midi, le Fonds a fait parvenir un avis de convocation pour une conférence de presse prévue jeudi. Le président du comité spécial sur la gouvernance et vice-président du conseil d'administration, Pierre-Maurice Vachon, le président intérimaire du conseil d'administration, Daniel Boyer, et le vice-président aux affaires publiques et corporatives, Mario Tremblay, y présenteront la nouvelle gouvernance du Fonds, selon ce qu'on peut lire dans la convocation.

La ministre du Travail a rappelé qu'à la fin, c'est le gouvernement et l'Assemblée nationale qui modifieront en conséquence la loi sur le Fonds.

Par ailleurs, la ministre responsable de la Politique industrielle, Élaine Zakaïb, a dû une fois de plus s'expliquer sur son passé au Fonds de solidarité, qui a été examiné par la commission Charbonneau. Mme Zakaïb a été présidente et chef de la direction des fonds régionaux du Fonds de solidarité pendant huit ans, jusqu'en 2012.

Des écoutes électroniques déposées en preuve devant la commission, il y a près de deux semaines, indiquent que Mme Zakaïb, députée de Richelieu, était au courant du changement d'une procédure d'évaluation des investissements du fonds qui permettait à la FTQ-Construction de protéger les intérêts de Tony Accurso, un homme d'affaires controversé qui a depuis été accusé de fraude et gangstérisme.

En point de presse, Élaine Zakaïb a assuré qu'elle faisait référence à une pratique à laquelle elle avait mis fin, après avoir « confronté » Jean Lavallée, de la FTQ-Construction, et après avoir parlé à l'ancien patron de la FTQ, Henri Massé.

« Dès que j'ai su, j'ai agi, a-t-elle insisté. (...) Je déplorais que le bureau du président (Jean Lavallée) s'est mêlé de cette question de concurrence. »

Selon la CAQ, Mme Zakaïb aurait dû partager ses observations, d'autant plus qu'elle a participé à la commission parlementaire qui s'est penchée l'automne dernier sur la gouvernance du fonds de la FTQ.

La FTQ et son fonds à la commission Charbonneau

La semaine dernière, Michel Arsenault a déclaré devant la commission Charbonneau qu'il ne lui semblait pas nécessaire que le président du C. A. du Fonds de solidarité FTQ soit le président de la FTQ. Il a cependant plaidé pour que la FTQ conserve sa majorité au sein du conseil d'administration.

« Pour que le Fonds de solidarité continue à fonctionner, qu'il continue à maintenir et à créer des emplois, qu'il continue à pratiquer une politique de capital patient, ça va prendre une majorité de la FTQ sur le conseil d'administration », a argué l'ex-président de la FTQ.

« Après avoir passé six ans d'enfer avec les deux chapeaux sur la tête, moi, je crois que ce n'est pas nécessairement une religion qu'une personne occupe les deux postes », avait-il ajouté, sans vouloir s'avancer davantage en raison du processus en cours au Fonds de solidarité.

Au cours des dernières semaines, la commission Charbonneau a aussi déposé en preuve plusieurs écoutes électroniques qui soulèvent des questions sur la gestion menée par le président-directeur général du Fonds, Yvon Bolduc, lors de la crise qui a secoué l'institution au printemps 2009.

Ces conversations démontrent que M. Bolduc savait parfaitement que le Fonds et son bras immobilier (ex-Solim) avaient investi avec plusieurs partenaires d'affaires au passé louche, dont Denis Vincent et Ronnie Beaulieu, considérés comme des relations des Hells Angels. Elles révèlent qu'Yvon Bolduc, Michel Arsenault et Guy Gionet, alors PDG de la Solim, se sont empressés de se retirer des dossiers impliquant ces deux hommes sous la seule pression des journalistes.

« Ça coûtera ce que ça coûtera, ce n'est pas important », a notamment dit M. Bolduc aux deux autres en mars 2009.

La gestion de crise pilotée par Yvon Bolduc à l'époque s'était soldée par l'annonce du départ de M. Gionet et l'adoption de nouvelles règles de gouvernance à la Solim.

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