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Côte d'Ivoire:Simone Gbagbo entendue pendant 48 H par la justice

06/02/2014 08:12 EST | Actualisé 08/04/2014 05:12 EDT

La justice ivoirienne a auditionné mardi et mercredi Simone Gbagbo, l'épouse de l'ex-président Laurent Gbagbo poursuivie pour "génocide et atteinte à la sûreté de l'Etat", dans le nord du pays, où elle est internée, a indiqué jeudi une source judiciaire.

L'audition de Simone Gbagbo, détenue dans une maison à Odienné (nord-ouest) après la crise postélectorale de 2010-2011, a débuté "mardi pour s'achever mercredi", a affirmé à l'AFP Franck Victorien N'Cho, procureur du tribunal d'Odienné, sans plus de précisions.

Le doyen des juges du tribunal d'Abidjan, Christophe Adou, et trois avocats de la défense ont participé aux débats, qui ont eu pour cadre la résidence où est gardée Mme Gbagbo, a confirmé un journaliste local, joint par téléphone depuis Abidjan.

Rien n'a filtré de cette rencontre qui intervient après plusieurs gestes récents d'apaisement du gouvernement. Une soixantaine de détenus partisans de l'ex-président Laurent Gbagbo, civils et militaires, ont ainsi été mis en liberté provisoire récemment.

Fin décembre, le président ivoirien Alassane Ouattara avait évoqué la libération de détenus pro-Gbagbo afin de favoriser la "consolidation de la cohésion nationale".

Simone Gbagbo est détenue après la crise postélectorale, liée au refus de l'ancien président Gbagbo de reconnaître sa défaite face à Alassane Ouattara à l'élection de novembre 2010. Les troubles avaient fait plus de 3.000 morts.

Arrêtée le 11 avril 2011 en compagnie de son mari, Mme Gbagbo est accusée par la justice ivoirienne de crimes de sang, atteinte à la sûreté de l'État et infractions économiques, et plus récemment génocide.

Simone Gbagbo, surnommée la "Dame de fer", a été autant respectée pour son parcours dans l'opposition que crainte en tant que "présidente" à poigne, accusée d'être liée aux "escadrons de la mort" contre les partisans d'Alassane Ouattara, désormais au pouvoir, qu'elle a toujours honni.

Poursuivie comme son mari pour crimes contre l'humanité devant la Cour pénale internationale (CPI), les autorités ivoiriennes refusent de la transférer à La Haye. Laurent Gbagbo est incarcéré aux Pays-Bas depuis plus de deux ans.

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