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Barnier appelle en Grèce à "ne pas jeter l'UE avec l'eau de la crise"

06/02/2014 06:14 EST | Actualisé 08/04/2014 05:12 EDT

Le commissaire européen aux services financiers Michel Barnier a appelé jeudi à Athènes les Européens à "ne pas jeter l'UE avec l'eau de la crise", à quelques mois des élections européennes.

M. Barnier, qui s'est dit prêt en janvier, s'il est désigné par le Parti populaire européen, à se présenter comme président de la Commission européenne après José Manuel Barroso, participait jeudi à un colloque "Oser la démocratie" organisé jusqu'à vendredi à Athènes par l'hebdomadaire français le Nouvel Observateur, notamment.

Il a estimé que l'Europe avait récemment "pris les bonnes décisions" pour sortir de la crise, notamment dans le domaine de l'Union bancaire, assurant que "ce ne sera plus +business as usual+ dans les services financiers".

"Le train n'a pas déraillé et il est en train de repartir", s'est-il félicité.

Evoquant sa crainte, souvent exprimée, qu'au rythme (une fois chaque dix ans) où les pays européens sont "éjectés" du G8, il n'y en ait plus aucun en 2050, Michel Barnier a estimé que "si on n'a pas envie que cela se produise, il faut tirer les leçons sans complaisance, avoir peut-être moins de réglementation et plus de politique".

"Ne jetons pas l'UE avec l'eau de la crise : il faut être européen, et patriote, rester fier d'être grec, français, allemand..." a-t-il avancé.

Débattant avec M. Barnier, le vice-premier ministre grec socialiste Evangelos Venizelos, ministre des Affaires étrangères, qui critique régulièrement ces temps-ci ce qu'il estime être un déséquilibre dans l'UE au profit de l'Allemagne, a remarqué qu'en Europe, "on n'a pas résolu le problème de base des mécanismes de redistribution".

Notant "les énormes différences" au sein d'une zone euro pourtant unique, entre "les taux d'intérêt obligataires, ou le coût de l'argent pour les entreprises", M. Venizelos a déploré qu'il n'y ait pas non plus "de mécanisme empêchant l'élargissement des fossés". "On ne peut plus tolérer de tels déséquilibres", a-t-il dit.

Tout en convenant que "ce n'est pas la faute de l'Allemagne si la Grèce a perdu le contrôle de sa dette ou de ses déficits", il a regretté que "ne se mettent pas en place des mécanismes pour éviter que se reproduise le problème".

od/ob

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