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Au moins huit mineurs tués dans l'incendie d'une mine d'or sud-africaine

06/02/2014 05:55 EST | Actualisé 08/04/2014 05:12 EDT

Huit mineurs ont été retrouvés morts jeudi après un incendie au fond d'une mine d'or près de Johannesburg, un nouveau coup dur pour le secteur minier sud-africain agité par deux semaines de grève dans le secteur du platine.

"Ce tragique accident nous ramène des années en arrière. Le secteur a fait de gros efforts ces dernières années pour assurer la sécurité", a déclaré la ministre des Mines Susan Shabangu lors d'une conférence de presse télévisée.

Mme Shabangu a également déploré que le drame survienne alors même que l'Afrique du Sud accueille au Cap une conférence minière internationale, dont l'un des buts est d'attirer des investisseurs. Elle n'a pas mentionné la grève qui s'éternise dans les mines de platine où les négociations ont été ajournées sine die mercredi.

Jeudi matin, le Syndical national des mineurs (NUM) a annoncé que huit des neufs mineurs portés disparus dans la mine d'or de Doornkop avaient été retrouvés morts.

C'est le pire accident dans une mine en cinq ans.

Tandis que les secours s'activaient toujours pour retrouver le dernier mineur manquant, les collègues des mineurs décédés se sont rassemblés pour chanter et prier devant le puits de mine. "Vous vous levez le matin, vous dites à votre femme et à vos enfants, je vais au travail, et le soir, nous ne revenez pas. C'est très, très triste", témoignait le mineur Zacaria Maude.

Graham Brigg, Pdg d'Harmony Gold, qui exploite cette mine située au sud-ouest de Johannesburg, a assuré que l'entreprise -- cinquième producteur mondial d'or -- allait faire le nécessaire pour fournir un soutien psychologique et financier aux familles des victimes. "Peu importe ce que ça coûtera, nous dépenserons ce qu'il faut pour faire les choses correctement", a-t-il affirmé.

La ministre des Mines a par ailleurs annoncé que le puits resterait fermé jusqu'à ce qu'il puisse être de nouveau déclaré sans danger pour les mineurs.

L'accident a été provoqué par une secousse tellurique de magnitude 2,4, qui a entraîné des chutes de pierres et endommagé des câbles. Un incendie s'est ensuite déclenché, à plus de 1.700 mètres sous terre. Dix-sept mineurs au total ont été bloqués. Huit d'entre eux ont pu gagner un refuge et être secourus le lendemain matin. Les autres sont restés bloqués.

Les accidents demeurent fréquents dans les mines d'or sud-africaines en dépit des efforts pour les réduire, avec plus d'une centaine de morts par an (128 en 2010, 112 en 2012, selon les derniers chiffres publiés par une ONG spécialisée locale).

Le NUM a réclamé dès mercredi une enquête rapide pour déterminer les causes de la secousse tellurique, qui pourrait avoir été provoquée par des opérations à la mine ou être d'origine naturelle.

L'Afrique du Sud a perdu son rang de premier producteur mondial d'or en 2007.

Son secteur minier continue de faire les gros titres de la presse sud-africaine avec la grève de quelque 80.000 mineurs de platine, qui réclament de substantielles augmentations salariales depuis deux semaines.

Les pourparlers avec le syndicat radical Amcu étaient au point mort jeudi, mais la commission de conciliation continuait son travail pour tenter de renouer la négociation, selon Amcu, majoritaire dans le secteur.

Mercredi soir, les trois principaux producteurs de platine mondiaux, Anglo American Platinum (Amplats), Impala Platinum (Implats) et Lonmin, touchés par la grève, ont annoncé que "les parties étaient incapables de s'entendre sur un accord".

Les mineurs de la "ceinture de platine" sud-africaine autour de Rustenburg (nord) sont en grève depuis le 23 janvier. Ils réclament un salaire de base de 12.500 rands (830 euros), plus du double du salaire de base actuel, ce que les trois groupes concernés jugent totalement irréaliste.

Les mines, qui affirment que la grève a déjà coûté 266 millions d'euros, ont proposé des augmentations comprises entre 7% et 9% selon les catégories pendant trois ans.

L'Afrique du Sud fournit plus de 70% de la production mondiale de platine.

Elle a été secouée par une vague de grèves sauvages il y a moins de deux ans. Le massacre de 34 grévistes en août 2012 par la police sur le site de Lonmin à Marikana a durablement marqué les esprits dans le pays comme à l'étranger.

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