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04/02/2014 08:06 EST | Actualisé 04/02/2014 10:58 EST

Le groupe de rock Skinny Puppy prétend que l'armée américaine a utilisé sa musique pour torturer les prisonniers de Guantánamo

Marc Broussely via Getty Images
UNITED KINGDOM - AUGUST 14: ASTORIA Photo of OGRE and SKINNY PUPPY, Nivek Ogre performing live onstage (Photo by Marc Broussely/Redferns)

Avec son dernier album, Skinny Puppy dénonce le gouvernement américain. Le groupe de rock de Vancouver croit en effet que sa musique a été utilisée comme «instrument de torture» sur les prisonniers de Guantánamo.

La musique est depuis longtemps utilisée pour la torture en temps de guerre. George Bush père s'est servi de la chanson «Panama» de Van Halen pour faire sortir le président panaméen Manuel Noriega de son refuge à l'ambassade du Vatican. Une technique qu'il a aussi utilisée lors de la Guerre du Golfe, se servant cette fois de Metallica et AC/DC.

«Ces gens n'ont jamais entendu de heavy metal, a déclaré un sergent à cette époque. Ils ne peuvent pas le supporter. Si vous en jouez pendant 24 heures, vos fonctions cérébrales et corporelles commencent à dysfonctionner, vos pensées ralentissent et votre volonté est réduite en morceaux. C'est alors que nous entrons et parlons avec eux.»

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Des chansons utilisées pour la torture

Dernièrement, l'armée américaine a gravi un échelon avec les sons plus industriels et bruts de Skinny Puppy.

C'est en tout cas ce qu'a déclaré le fondateur du groupe cEvin Key lors d'une entrevue accordée au Phoenix New Times pour la sortie du dernier album du groupe, «Weapons» («Armes»).

«Nous avons entendu dire que notre musique était utilisée à Guantánamo pour torturer les prisonniers. Nous avons pensé que ce serait une bonne idée d'envoyer une facture au gouvernement américain pour services musicaux, c'est ainsi qu'est née l'idée du titre "Weapons".»

Si la facture n'a pas été envoyée réellement, cEvin Key a souligné son désaccord quant au fait que sa musique soit utilisée à des fins de torture.

«Parce que nous faisons de la musique dérangeante, on peut imaginer qu'elle soit utilisée d'étranges façons. Mais ça ne nous plaît pas»

Si le groupe avait décidé d'envoyer la fameuse facture, ils auraient pu obtenir gain de cause. Dans un article de blogue intitulé «La torture par musique est-elle une performance publique?», l'avocat canadien Howard Knopf répond par l'affirmative.