POLITIQUE
02/02/2014 08:27 EST | Actualisé 05/04/2014 05:12 EDT

La politique jeunesse de Léo Bureau-Blouin

CP

Un an et demi après son élection, le plus jeune député de l'histoire de l'Assemblée nationale met la touche finale à sa première réalisation. Pauline Marois avait confié à Léo Bureau-Blouin la rédaction d'un livre blanc sur la politique jeunesse du gouvernement et, après avoir mené des consultations partout à travers le Québec, le député est prêt à partager le fruit de sa réflexion.

Un texte de Hugo Lavallée Twitter Courriel

« Si les générations précédentes, comme celle du baby-boom, ont pu être portées par le nombre, ont pu amener leur gouvernement à changer leurs façons de faire, parce qu'elles étaient numériquement importantes, les jeunes, de plus en plus, vont être de moins en moins nombreux », constate Léo Bureau-Blouin. « Donc, il faut que le gouvernement leur accorde une attention particulière », ajoute-t-il.

Pour contrer la diminution du poids politique de sa génération, le député souhaite renforcer les liens entre les aînés et les jeunes en multipliant les programmes de mentorat. Les jeunes entrepreneurs et les jeunes agriculteurs, par exemple, pourraient bénéficier de tels programmes. « Je pense qu'il y a vraiment beaucoup de potentiel. Jamais le Québec n'aura eu autant de retraités qui sont actifs, qui sont en santé, qui ont une passion à partager et il y a une jeunesse également qui est avide d'en savoir davantage », indique le député.

Léo Bureau-Blouin aimerait que 80 % des jeunes aient obtenu leur diplôme d'études secondaires avant l'âge de 20 ans d'ici 2020. À l'heure actuelle, cette proportion est de 75 %. Mais le projet le plus ambitieux que caresse le député, c'est la mise sur pied d'un « service citoyen », inspiré d'expériences menées à l'étranger. Les jeunes pourraient être soutenus financièrement pour faire du bénévolat à l'extérieur de la région où ils habitent. Cette stratégie pourrait notamment permettre de stimuler les jeunes qui ne sont ni aux études ni au travail. À l'heure actuelle, 200 000 jeunes, âgés de 15 à 29 ans, sont dans cette situation au Québec, sur un total de 1 500 000, soit 13 %.

« Collectivement, on doit se donner comme objectif que le maximum d'entre eux trouvent leur passion, trouvent la filière d'emploi ou d'étude qui les allume. Et souvent, c'est une période extrêmement angoissante que la transition entre le secondaire et le cégep ou l'université ou le marché du travail... et il faut trouver une façon d'aider les jeunes à trouver ce qui les anime », indique Léo Bureau-Blouin.

À la veille d'une éventuelle campagne électorale, Léo Bureau-Blouin compte bien se représenter même si le travail de député n'est pas toujours facile.

« Physiquement, psychologiquement, ça peut devenir très exigeant. Jusqu'à présent, je m'en sors pas si mal. [...] On se sent des fois un peu comme une tortue finalement qui traîne sa maison un peu partout au Québec [sans] jamais de domicile fixe », confie le député.

Le jeune député n'est pas déçu de son expérience de la politique, même s'il constate les limites de l'exercice.

« J'ai eu la chance dans les derniers mois, dans la dernière année, de pousser aussi loin que possible un dossier. [...] Moi, un des éléments que je trouve plus difficiles de l'exercice politique, c'est qu'on est appelé souvent à réagir après quelques minutes de réflexion sur des sujets qui sont souvent extrêmement complexes. »

Léo Bureau-Blouin se dit privilégié d'avoir eu le temps d'aller sur le terrain et de réfléchir aux préoccupations exprimées par les jeunes avant de rédiger son document.

Le livre blanc sur la politique jeunesse sera rendu public mardi.