DIVERTISSEMENT
31/01/2014 10:57 EST | Actualisé 06/02/2014 12:39 EST

La grande exploration lunaire de Monogrenade (ENTREVUE)

Si Tintin avait son Objectif Lune, le groupe Monogrenade, lui, atteint l’objectif et réussit à nous y faire marcher grâce à son plus récent effort, Composite. Réalisation soignée et méticuleuse, il s’agit d’un album non seulement riche en textures, mais également profond d’un point de vue écrit. Le Huffington Post Québec s’est entretenu avec le leader de la formation, Jean-Michel Pigeon, afin de décortiquer cette œuvre lancée mardi.

«Ça fait un an qu’on travaille sur ce projet, donc c’est un peu comme un bébé pour nous. On a envie qu’il voie le jour à un moment donné», s’exclame-t-il au bout du fil.

Vrai que la valeur humaine prime sur cet album. En effet, Composite traite de relations et de contrastes interpersonnalités, illustrés par la composition de plusieurs éléments. «Notre bagage génétique, notre famille, notre environnement, les gens avec qui l’on se tient, l’endroit où l’on vit... Ça parle des humains finalement», confirme le chanteur.

Inspiré par les jeux de relations et les conflits, Jean-Michel a eu le réel déclic en composant Cercles et pentagones, l’une des pièces majeures du disque. «Je trouve toujours les textes après la musique. Quand je suis arrivé à ce morceau-là, j’ai été inspiré par l’idée de formes différentes, mais qui marchent bien ensemble. Tu peux mettre un pentagone dans un cercle…c’est un peu comme des humains. On est ensemble souvent, mais on est tellement différent», raconte l’artiste.

De Tantale à Composite

Contrairement à Tantale, qui avait été enregistré de façon condensée à l’intérieur d’un chalet, Composite a été réalisé en grande partie à Montréal, dans le studio de Jean-Michel. «On voulait aller à un rythme plus naturel, qui fonctionnerait bien pour tout le monde», relate le musicien. Cette dynamique de travail complètement opposée à celle de son prédécesseur a permis à Monogrenade de «prendre plus de temps, mais aussi plus de recul pour créer», assure-t-il.

Sur le plan musical, le chanteur admet que l’œuvre précédente de son groupe était plus prudente. «C’était un premier album. Quand on crée un premier album, on a toujours l’impression que ce sera trop. Finalement, on se rend compte que ce n’est pas assez. Pour celui-là, on s’est lâché un peu plus. Il y a des gens qui nous disaient: ‘C’est le fun, dans vos spectacles, ça explose’. On a essayé d’aller un peu plus vers cette direction.»

Un son qui respire

Ambiance pop lunaire réussie dans les moindres détails, Composite laisse flotter ses auditeurs en apesanteur. La collaboration de Marie-Pierre Arthur sur le titre Labyrinthe témoigne justement de cette atmosphère planante. Il aurait été impossible de trouver une plus belle voix pour se coller à celle de Jean-Michel Pigeon. Ensemble, les deux voix respirent pleinement. Le leader du band reconnaît aussi cette chimie: «Je suis un grand fan de Marie-Pierre. J’aime beaucoup sa voix. Justement, quand j’ai écrit cette chanson-là, je me disais que ce serait tellement bien si elle acceptait de chanter dessus. Je lui ai donc envoyée et ça a super bien marché!»

Le dernier des dix morceaux détonne aussi. Comparativement aux autres titres, Le fantôme est beaucoup plus longue (7 minutes) et se détache de la pop synthé entendue sur le reste de la galette. Ambiance cinématographique très sombre, rappelant l’univers de Patrick Watson, la pièce permettra à coup sûr au groupe de s’évader sur scène. «C’est le genre de chanson qu’on ne jouera jamais exactement pareil», entrevoit l’artiste.

Les synthétiseurs analogues prennent également une belle place au fil du disque, notamment sur Métropolis, Phaéton et Tes yeux. Le dosage entre les cordes, les grooves de basse et le clavier est juste. Monogrenade a conçu ce son nouvel effort patiemment; les multiples couches de texture ajoutées aux mélodies ont pour résultat un CD pertinent, cohérent et dégageant un beau propos.

Reste à découvrir comment le quatuor transposera le tout sur scène. Le musicien mentionnait d’ailleurs que leur mélange musical est «parfois difficile à gérer. On a des cordes, de la batterie qui est souvent forte, de gros sons électroniques, une voix douce… On répète beaucoup, ça va très bien... Parfois, l’ingénieur de son capote!», dit-il en riant.

Composite de Monogrenade est disponible depuis mardi sous l’étiquette Bonsound.

EN MUSIQUE:

Monogrenade en quelques titres

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