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31/01/2014 09:30 EST | Actualisé 02/04/2014 05:12 EDT

Le rejet de Keystone XL ne freinerait pas la production des sables bitumineux

Alex Wong via Getty Images
WASHINGTON, DC - AUGUST 12: Activists stage a sit-in and protest against the Keystone XL pipeline outside the U.S. State Department August 12, 2013 in Washington, DC. Activists from the Rainforest Action Network, CREDO and other groups expressed their opposition to the Keystone XL pipeline and urged 'to maintain pressure on the president to keep his promise to fight climate change by rejecting the Keystone XL pipeline.' (Photo by Alex Wong/Getty Images)

Il est peu probable qu'un refus du projet Keystone XL gêne le développement des sables bitumineux ou réduise les gaz à effet de serre, conclut un rapport du département d'État américain sur le projet qui transporterait le bitume de l'Alberta aux raffineries du sud-est des États-Unis.

Le rapport porte un coup dur aux groupes environnementaux qui arguaient que le rejet du projet de l'entreprise albertaine TransCanada mènerait à une diminution des émissions de gaz à effet de serre. Le président Barack Obama, à qui reveindra la décision finale, a déjà indiqué qu'il approuverait le projet que si celui-ci n'exacerbait pas la pollution au carbone aux États-Unis.

Selon les variables utilisées, le projet pourrait produire entre 1,3 % et 27 % de plus de gaz à effets de serre qu'actuellement, soutient l'étude, mais l'approbation ou le rejet d'un seul projet, y compris Keystone XL, aurait « peu de chance d'avoir un impact significatif sur l'extraction dans les sables bitumineux, ou sur la demande pour le bitume dans les raffineries américaines ».

Le solutions de rechange à Keystone XL, dont le transport par train, seraient tout aussi polluantes, conclut l'étude.

Le ministre canadien des Ressources naturelles a accueilli avec satisfaction le rapport, se disant « encouragé par le fait que le département d'État ait confirmé que Keystone XL n'aurait pas de répercussions importantes sur notre environnement ». Joe Oliver a insisté sur le fait qu'il s'agissait du rapport américain « final » sur le projet. « Nous croyons que comme c'est le 5e rapport qui confirme ce qu'ont dit les autres, nous nous attendons à une décision finale positive », a dit Joe Oliver, en soulignant qu'il espérait cette décision du président Barack Obama prochainement.

Joe Oliver a évoqué comment Keystone XL assurera la sécurité énergétique des États-Unis, en lui offrant une alternative « fiable, responsable et démocratique » au pétrole du Vénézuela et du Moyen Orient.

« Les bénéfices pour les États-Unis et le Canada sont clairs », a-t-il aussi ajouté, faisant référence aux 42 000 emplois créés en sol américain et aux 2 milliards de dollars de revenus anticipés dans ce pays.

Au moment même où le ministre faisait son discours, le Parti conservateur au pouvoir a publié une vidéo sur YouTube dénonçant les « milliardaires » qui critiquent Keystone XL.

Le spectre du transport par train évoqué

Le président de TransCanada est également heureux des résultats de cette étude. Elle vient confirmer, selon Russ Girling, un grand nombre d'arguments développés par l'entreprise en matière d'emplois, de protection environnementale et d'impact sur le développement des sables bitumineux. 

L'étude appuie également la thèse de TransCanada voulant qu'un pipeline soit plus sécuritaire qu'un train pour transporter du pétrole, explique Alex Pourbaix, son président chargé des pipelines énergétiques et pétroliers.

Russ Girling soutient que si l'administration Obama n'approuve pas ce projet, il étudiera la dangereuse alternative de bâtir des terminaux ferroviaires en Alberta et en Oklahoma pour accomplir le tranport du bitume aux États-Unis.

Analyse « erronée »

L'organisme de défense environnemental Greenpeace estime que l'analyse du rapport du département d'État est erronée.

« Vous ne pouvez pas bâtir un nouveau pipeline immense alimenté par les sables bitumineux sans empirer le changement climatique », écrit Mike Hudema, un porte-parole de l'organisme, dans un communiqué.

Les groupes CREDO, Rainforest Action Network et Other 98 % ont tenu à rappeler que le département d'État ne fait qu'une recommandation et que c'est le président Obama qui aura le dernier mot.

90 jours à l'étude

Le département d'État américain devait mener une seconde analyse environnementale sur le projet de 7 milliards de dollars de l'albertaine TransCanada, car le pipeline projeté s'étendrait sur le territoire de deux pays.

Plusieurs agences américaines auront maintenant 90 jours pour analyser les résultats de cette étude. Elles feront part de leurs recommandations au secrétaire d'État, John Kerry. La décision finale reviendra au président Barack Obama. Le président a déjà indiqué qu'il approuverait le projet que si celui-ci n'exacerbait pas la pollution au carbone aux États-Unis.

L'an dernier, une première analyse environnementale du département d'État avait permis de conclure que Keystone XL ne stimulerait pas davantage l'industrie des sables bitumineux en Alberta et ne comporterait pas plus de risques que le transport ferroviaire par exemple.

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