POLITIQUE
29/01/2014 01:05 EST | Actualisé 30/03/2014 05:12 EDT

Arsenault a songé à utiliser le « deal » Blanchet pour faire pression sur Marois

PC

Michel Arsenault admet avoir songé, au printemps 2009, à se servir d'un dossier qu'avait au Fonds de solidarité le mari de Pauline Marois pour faire pression sur le PQ afin qu'il n'appuie pas l'idée d'une commission d'enquête mais, ajoute-t-il, « j'y ai pensé, je l'ai pas fait ».

Un texte de Bernard Leduc

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Dans une conversation du 20 avril 2009, présentée à la commission le 21 janvier dernier, l'ex-président de la FTQ-Construction Jean Lavallée estimait qu'il était temps de parler « à nos amis du PQ » afin de les convaincre de ne pas appuyer l'idée d'une commission sur la construction, alors proposée par la défunte ADQ.

Michel Arsenault répliquait alors : « Ben y sont mal pris en ostie, parce qu'on a un deal avec Blanchet ».

Le Fonds de solidarité était alors impliqué depuis quelques mois dans Capital BLF, que dirigeait Claude Blanchet, et où se retrouvaient aussi le frère de Pauline Marois et le fils du couple Blanchet-Marois. « C'était un bon investissement qui était recommandé par [le PDG du Fonds] Yvon Bolduc à l'époque et qui a été accepté par la structure du Fonds », a soutenu M. Arsenault.

Mais devant la commission Charbonneau, Michel Arsenault, qui admet avoir envisagé, le temps de cette conversation, de parler avec Claude Blanchet pour faire « pression sur madame Marois » soutient n'en avoir rien fait : « C'est une mauvaise idée que j'ai eue, je l'ai dit tout fort, mais je l'ai pas fait ».

L'ex-président de la FTQ affirme qu'il faisait du « brainstorming » avec Jean Lavallée et que l'idée est morte dès qu'il l'a rapportée à son conseiller politique.

« Michel, es-tu après devenir fou : jamais on va essayer de faire de la pression sur le mari de madame Marois pour faire avancer un dossier au PQ! » lui aurait alors lancé Gilles Audette, à qui il aurait alors répondu : « Tu as bien raison... »

La commission a par la suite présenté une écoute électronique du 17 février 2009, soit avant la conversation avec M. Lavallée, dans laquelle le dossier de M. Blanchet est évoqué. Michel Arsenault, qui en discute alors avec Louis Bolduc, lui lance, faisant allusion au fils Blanchet-Marois : « sa mère va ben être première ministre dans une couple d'années, On n'aura pas de trouble avec ».

« Ça ressemble à du chantage », a lancé la commissaire France Charbonneau à M. Arsenault. Mais pour ce dernier, bien que « ça paraît très mal [...] c'est des paroles en l'air ».

À l'automne 2009, le PQ, qui était alors dans l'opposition, emboîtera le pas à l'ex-ADQ (CAQ) en prenant aussi position pour une commission d'enquête sur l'industrie de la construction.

Pressé de toutes parts, le gouvernement de Jean Charest annoncera finalement à l'automne 2011 la tenue de la commission, présidée par la juge France Charbonneau.

Le 22 janvier 2014, au lendemain de la diffusion de l'écoute électronique entre Jean Lavallée et Michel Arsenault, la première ministre Pauline Marois a nié avoir subi des pressions de Michel Arsenault pour qu'il n'y ait pas de commission d'enquête.

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