POLITIQUE
28/01/2014 10:09 EST | Actualisé 30/03/2014 05:12 EDT

Crucifix: le PLQ gagnera des voix en région rurale, selon des députés

PC

SAINT-FÉLICIEN, Qc - Philippe Couillard aimerait bien mettre le débat sur la charte des valeurs derrière lui, mais rien n'y fait. Même ses propres députés espèrent désormais faire des gains en région grâce au crucifix.

Le chef libéral a beau dire que c'est une affaire «classée», une «fiction», il doit maintenant s'efforcer de communiquer la position de son parti et affirme même que les Québécois auront ainsi, avec la charte, un choix clair au prochain scrutin entre deux modèles.

Réunis pour un caucus de deux jours avec leur chef à Saint-Félicien, au Lac-Saint-Jean, des élus libéraux ont pour leur part avoué candidement que le maintien du crucifix au Salon bleu _ un des volets de la position libérale sur la laïcité _ devrait séduire les électeurs en région.

Les gens dans les comtés ruraux «veulent garder leurs symboles», a déclaré le député de Maskinongé, Jean-Paul Diamond, en point de presse. Il a même ajouté que la plupart des gens dans sa circonscription appuyaient le projet péquiste de charte.

Son collègue de Mégantic, Ghislain Bolduc, a renchéri. À ses yeux, l'intention des libéraux de garder le crucifix en Chambre se traduira par un appui important des électeurs en région.

«Ce sera important parce que les gens estiment que le crucifix les représente et exprime d'où ils viennent, a-t-il dit en anglais. Donc, oui, je pense que cela aura une portée positive.»

Mais selon le leader parlementaire, Pierre Moreau, il n'est pas question d'électoralisme. «Ce n'est pas pour récolter des votes», a-t-il assuré.

Philippe Couillard assure déjà qu'il tentera le plus souvent l'esquive dans le débat sur la charte, même en campagne électorale.

«Ils (les péquistes) ne me trouveront pas beaucoup sur ce terrain-là (la charte), a-t-il soutenu en conférence de presse. Chaque fois que vous allez me poser une question, ne vous surprenez pas, je vais répondre: 'vous connaissez notre position, aujourd'hui on va vous parler des emplois dans la région'.»

Le chef libéral a néanmoins affirmé que la charte révélera un choix clair aux Québécois au moment de voter, entre deux modèles: celui des libéraux, un modèle qui rassemble, ou celui du Parti québécois, fondé sur «l'humiliation, la peur, le retrait».

Il a d'ailleurs martelé à plusieurs reprises une question: combien de femmes, parmi les centaines qui portent un symbole religieux, perdront leur emploi en vertu de la charte, si elles refusent de l'enlever dans leur milieu de travail?

Les libéraux ont dévoilé la semaine dernière leur politique en matière de neutralité religieuse, au terme d'un accouchement laborieux et de plusieurs revirements. Outre le maintien du crucifix, la nouvelle politique prône clairement un autre principe: pas question d'interdire à qui que ce soit de porter des signes religieux, pas même pour les employés de l'État ayant un pouvoir coercitif: juges, policiers, gardiens de prison.

Sur ce dernier point, la députée Fatima Houda-Pepin, la seule élue musulmane à l'Assemblée nationale, a exprimé sa dissidence et ne fait désormais plus partie du groupe parlementaire libéral.

Le PLQ ne met qu'une seule limite au principe de liberté en matière de signes religieux: que le visage soit découvert. Quelques exceptions: la burqa et le niqab, symboles vestimentaires de l'oppression des femmes en certains pays, seraient totalement bannis des bureaux gouvernementaux. Quant au tchador, le parti révise encore une fois sa position en interdisant de le porter si on est une employée de l'État, même si ce long voile noir laisse le visage découvert.

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