POLITIQUE
28/01/2014 12:17 EST | Actualisé 30/03/2014 05:12 EDT

« Misogynie »: Scheer rejette la plainte d'une députée contre le sénateur Jean-Guy Dagenais

Agence QMI

OTTAWA - Le président de la Chambre des communes, Andrew Scheer, a rejeté les doléances de la députée néo-démocrate Charmaine Borg, qui avait dénoncé les propos «misogynes» du sénateur conservateur Jean-Guy Dagenais à son égard.

La querelle avait éclaté en décembre après la parution d'un dépliant prônant l'abolition du Sénat produit par Mme Borg et distribué dans sa circonscription, Terrebonne-Blainville. Le sénateur avait répliqué en diffusant une lettre dans laquelle il qualifiait le dépliant de «torchon».

M. Dagenais avait écrit que la jeune députée élue lors de la vague orange ne connaissait rien en matière constitutionnelle et il l'avait même invitée à se renseigner à la bibliothèque du Parlement sur le sujet.

«Dans les circonstances, je comprends donc que vous vous faites aveuglément le perroquet de votre chef, Thomas Mulcair, pour dénigrer le Sénat et les sénateurs», avait jugé l'ancien chef de police siégeant désormais à la Chambre haute.

Cela avait fait bondir Mme Borg, qui avait dénoncé le ton «condescendant» et «misogyne» de la missive. Elle avait soulevé un point de privilège auprès du président de la Chambre sur cet enjeu.

Mardi, M. Scheer a toutefois rejeté la plainte de Mme Borg, puisque ses échanges avec M. Dagenais se sont produits à l'extérieur de la Chambre des communes. Il a signalé ne pas vouloir minimiser le sérieux de sa plainte, mais a ajouté qu'il ne pouvait conclure que Mme Borg avait été empêchée de continuer son travail parlementaire en raison de la missive du sénateur.

«Cela étant dit, comme la députée l'a elle-même signalé, elle a évidemment les mêmes recours que n'importe quel autre citoyen face à des atteintes à sa réputation ou des attaques qu'elle considère être diffamatoires. Ce sera là une décision qui lui reviendra», a noté le président de la Chambre en rendant sa décision.

La députée de 23 ans n'a toutefois pas l'intention d'amener l'affaire devant les tribunaux. «Vu qu'on a eu un jugement là-dessus, moi je souhaite vraiment concentrer toutes mes énergies sur la représentation de mes commettants. Voilà pourquoi je décide de ne pas aller en poursuite de diffamation en ce moment», a-t-elle expliqué à la sortie de la période de questions.

Son chef Thomas Mulcair n'a toutefois pas mâché ses mots à l'égard du sénateur, rappelant qu'il était arrivé troisième quand il s'était présenté comme candidat conservateur en 2011 et n'avait donc pas de leçon à donner.

«Sénateur Dagenais est un "looser" qui a perdu ses élections, qui a le culot d'envoyer des lettres de réprimandes à une députée dûment élue», a-t-il tranché.

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