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27/01/2014 06:27 EST | Actualisé 27/01/2014 06:34 EST

«Taverne» à Historia: de la bière et des hommes (PHOTOS)

Historiatv.com

En 1972, un verre de huit onces de bière en fût se vendait 10 cents. La petite bouteille se détaillait à 30 cents, et la grosse, à 45 cents. À l’époque, les marques de houblon les plus populaires étaient la Molson, la Dow et la O’Keefe. C’était la glorieuse période des tavernes, ces hauts lieux de la bière et des langues dans le vinaigre, ces sanctuaires de confidences entre hommes.

La minisérie documentaire Taverne, que la chaîne Historia présente à compter de ce lundi, jette un regard très humain sur ces établissements où, jadis, les hommes fuyaient leurs tracas le temps d’un, ou de plusieurs verres, où les taverniers jouaient à la fois les rôles de portier, d’entremetteur, de psychologue et de confesseur, et où de vraies petites familles se formaient autour des tables et du comptoir. «Dans ce temps-là, les hommes prenaient un coup bien plus fort qu’aujourd’hui», y lance avec humour l’un des intervenants. À preuve, dans la région de Québec, dans les années 1960 et 1970, Maurice Allard, représentant de la compagnie Molson, était aussi connu dans certaines municipalités que le maire et le curé.

L’Internet d’autrefois

Dans le premier épisode, intitulé Les hommes des tavernes, on rencontre le clan Meloche, propriétaire de La Brasserie du Sud, à Longueuil. Pierre Meloche, qui gère l’entreprise avec son père, désigne les tavernes comme les LesPac et Kijiji du passé. Alors qu’aujourd’hui, on navigue sur Internet lorsqu’on est à la recherche d’un meuble, d’un employé, d’une ressource, hier, c’était dans les tavernes qu’on détaillait nos besoins à autrui. Le mot se passait, le bouche-à-oreille faisait son œuvre, et on finissait par trouver ce qu’on cherchait. À la Brasserie du Sud ont officié des serveurs dévoués, comme Réal «Kojak» Brousseau, qui y a travaillé presque toute sa vie. L’homme parle avec passion de ce métier qui l’a fait vibrer, qui lui a permis de discuter avec les gens… et qui lui a aussi fait commettre quelques gaffes. «J’en ai renversé, des bières. J’en ai arrosé, du monde, de temps en temps», se remémore-t-il en riant.

Pierre Morin, serveur à l’hôtel Grand Union de Victoriaville, fait pour sa part état du code vestimentaire qui a évolué au fil du temps dans les tavernes. Laurent Marcotte, le propriétaire de l’endroit, a retapé avec beaucoup de vigueur le Grand Union, l’un des seuls édifices érigés avant 1900 encore debout dans la ville. Il a notamment changé les tapisseries et rehaussé les boiseries pour préserver le cachet ancien, mais propre, à son commerce. On laisse entendre que l’investissement a été énorme. «On a acheté notre belle folie», se réjouit-il.

Le scandale de la Dow

En ce qui a trait à l’aspect historique, on apprend entre autres que le premier permis de taverne officiel en Nouvelle-France a été octroyé à un aubergiste du nom de… Jacques Boisdon. On traite de la prohibition des années 1920 et du refus du Québec de s’y conformer, alors qu’aux États-Unis, l’interdiction de vente et de consommation d’alcool a duré 13 ans. On n’oublie pas non plus le scandale de la bière Dow, dont la production avait dû être momentanément stoppée en 1966 après qu’on eût appris qu’une vingtaine d’hommes avaient succombé à des problèmes cardiaques, et que le dénominateur commun chez toutes ces victimes était la consommation dudit produit. 500 000 galons de bière avaient alors été déversés dans les eaux du Saint-Laurent. L’ingrédient de la Dow qu’on blâme aujourd’hui pour ces décès subits? Le sel de cobalt. Mais l’hypothèse n’a jamais été officiellement confirmée.

L’influence des tavernes sur les grands mouvements sociaux, l’entrée des femmes, dans les années 1960 et 1970, en ces lieux jusque-là exclusivement masculins, et la place des tavernes dans le Québec d’aujourd’hui sont d’autres thématiques abordées dans Taverne, qui se divise en trois épisodes.

Taverne, le lundi, à 20h, à Historia, dès le 27 janvier.

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