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27/01/2014 05:41 EST | Actualisé 27/01/2014 06:15 EST

Jean-Luc Godard à l'honneur dans une rétrospective au TIFF de Toronto

The Image Gate via Getty Images
ZURICH, SWITZERLAND - NOVEMBER 30: Director Jean-Luc Godard looks on before receiving the Swiss Federal Design Award Grand Prix held at X-Tra on November 30, 2010 in Zurich, Switzerland. Jean-Luc Godard, who will be celebrating his 80th birthday on Friday, claimed he will spend the money of the prize to pay his Swiss tax he never had to pay the 35 previous years he lived in Switzerland.  (Photo by The Image Gate/Getty Images)

Cet article a été publié sur le site Moviefone.ca.

Pionnier de la Nouvelle Vague française dans les années 60, Jean-Luc Godard a laissé une marque indélébile dans le monde du cinéma et influencé des générations entières de réalisateurs. C'est ainsi que, malgré une carrière passée à briser les règles et à prendre le contre-pied des conventions, Godard s'est assuré une place bien méritée au Panthéon des réalisateurs, aux côtés de Hitchcock, Welles, Kubrick, Kurosawa, Bergman et Fellini.

Mais c'est justement parce que les films de Godard rejetaient la narration et le style traditionnels que son travail n'est peut-être pas aussi connu du grand public que des cinéphiles convaincus. Mais à l'occasion du lancement d'une rétrospective Godard en deux parties au TIFF Bell Lightbox de Toronto, il est grand temps de rectifier cette injustice. Voici donc quelques-unes des raisons qui ont fait de Jean-Luc Godard une figure si influente du monde du cinéma.

Qui est-il?

Comme bon nombre de ses contemporains (dont François Truffaut), Jean-Luc Godard a commencé sa carrière comme critique de films, avec des chroniques dans l'hebdomadaire «Les cahiers du cinéma». C'est ainsi qu'est née la nouvelle vague française et, avec son premier film À bout de souffle, Godard est devenu l'une des grandes figures du mouvement. Sa période la plus célèbre, et sujet de la première partie de la rétrospective «Godard Forever», est appelée «Âge d'or» et s'étend de ses premiers courts-métrages en 1954 au film Week-end, datant de 1967. Mais encore aujourd'hui, à l'âge de 83 ans, Godard est loin d'avoir dit son dernier mot; son dernier film Adieu au langage, tourné en 3D, sera son trente-neuvième.

Quelles sont ses influences?

En bref? À peu près tout, de la littérature française aux séries B américaines (les films noirs en particulier), en passant par le marxisme, les autres réalisateurs de la nouvelle vague et les slogans publicitaires. Connu pour mélanger ses influences populaires à de grandes références littéraires, Godard pouvait aussi bien évoquer T.S. Eliot qu'Humphrey Bogart. Dans Bande à part par exemple, il mélange le langage d'Arthur Rimbaud à celui des films de gangsters américains. De telles références surgissent fréquemment dans le langage de Godard, dans les noms de ses personnages et dans ses images, rompant avec le cinéma français de l'époque.

Qui Godard a-t-il influencé?

Encore une fois, à peu près tout et tout le monde. «Il y a le cinéma d'avant Godard et le cinéma d'après Godard», a déclaré Truffaut. Ainsi, même si vous n'avez jamais vu l'un de ses films, vous avez sûrement senti son influence dans les travaux d'autres réalisateurs, de Martin Scorsese à Jim Jarmusch et Steven Soderbergh. Prenons par exemple la fameuse scène de danse de Pulp Fiction -- hommage direct à la scène de madison dans Bande à part (un film que Quentin Tarantino apprécie tellement qu'il a donné son nom à sa société). Mais l'empreinte de Godard va bien au-delà de la simple référence; les réalisateurs modernes comme Tarantino lui sont redevables pour ses expérimentations visuelles et narratives.

Quelles sont ses marques de fabrique?

Godard a dit: «Tout ce dont vous avez besoin pour faire un film, c'est d'une fille et d'un flingue». Et même si bon nombre de ses films suivaient cette formule générale, il mélangeait fréquemment des éléments simples avec une structure bien plus vaste, mettant sur pied des essais cinématiques plus que des narrations traditionnelles. Pour Godard, la règle était de briser les règles, qu'il s'agisse de jouer avec la bande sonore, d'ajouter des effets volontairement grotesques ou des personnages brisant le quatrième mur. Il a souvent travaillé avec sa muse (et première femme) Anna Karina, et était intrigué par les problèmes du langage et du consumérisme, mais sa marque de fabrique la plus indélébile est probablement la technique du «jump cut», une violation des techniques de montage habituelles qui a d'abord été considérée comme de l'amateurisme avant de devenir une technique standard du cinéma moderne.

Pourquoi vous devriez le connaître?

En 2010, le réalisateur français a reçu un Oscar d'honneur pour ses 50 ans de carrière, ce qui devrait être une raison suffisante. Et même si ses films peuvent paraître hermétiques en premier lieu, vous seriez surpris de voir combien le cinéma moderne lui doit.

Par où commencer?

SI vous n'avez jamais vu de Godard, vous devriez commencer par son Âge d'or, avec À bout de souffle, son premier film et toujours l'un des plus marquants. Cette période initiale de la carrière de Godard a duré jusqu'en 1967, avec le film Week-end, et comprend un grand nombre de grands classiques, de Bande à part au Mépris, réalisés avec un plus gros budget et de grandes vedettes comme Brigitte Bardot.

L'exposition «Godard Forever» est ouverte jusqu'au 23 février au TIFF Bell Lightbox (Toronto).

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