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Tunisie: retard de l'annonce du nouveau gouvernement

25/01/2014 01:21 EST | Actualisé 27/03/2014 05:12 EDT

L'annonce de la composition du gouvernement apolitique de Mehdi Jomaâ était retardée samedi soir à Tunis, selon un journaliste de l'AFP présent à la présidence, les médias tunisiens faisant état d'un blocage sur le nom du futur ministre de l'Intérieur.

Le futur chef du gouvernement Mehdi Jomaâ était attendu pour 16H30 GMT au palais présidentiel, mais près de quatre heures plus tard, il n'avait pas encore été reçu par le président Moncef Marzouki.

La télévision d'Etat a indiqué que la cause du blocage concernait l'identité du futur ministre de l'Intérieur. Depuis vendredi les consultations entre les différents partis se sont poursuivies pour trouver un accord sur ce point.

Certaines forces, dont les islamistes d'Ennahda, majoritaires à l'Assemblée, et M. Jomaâ, militent pour le maintien de Lotfi Ben Jeddou, en poste depuis mars 2013. D'autres estiment qu'il doit quitter ses fonctions car il a servi dans l'équipe sortante, dirigée par Ennahda.

Mehdi Jomaâ, ministre sortant de l'Industrie, a été désigné le 10 janvier pour former un cabinet d'indépendants afin de conduire la Tunisie vers des élections, Ennahda ayant accepté de quitter le pouvoir jusqu'aux élections législatives et présidentielle, prévues en 2014.

Si M. Jomaâ échoue à présenter un nouveau gouvernement samedi, un nouveau candidat devra être désigné pour succéder à l'islamiste Ali Larayedh.

Par ailleurs, l'Assemblée nationale constituante était réunie samedi soir pour voter une réforme de la motion de censure. Là aussi, les procédures sont bloquées en raison de désaccords entre les partis.

L'objectif est de rendre plus difficile pour la Constituante de limoger le gouvernement de M. Jomaâ qui, s'il est formé, devrait entrer en fonction la semaine prochaine, après un vote de confiance.

Enfin, dimanche cette assemblée doit procéder au vote d'adoption de la future Constitution, en cours d'élaboration depuis plus de deux ans.

La transition post-révolutionnaire de la Tunisie a été considérablement ralentie par un climat de méfiance entre les islamistes d'Ennahda et leurs détracteurs, l'essor de groupes jihadistes ainsi que de profonds problèmes économiques et sociaux, déjà à l'origine de la révolution de janvier 2011.

La crise politique actuelle, que l'entrée en fonction de M. Jomaâ doit résoudre, a été déclenchée par l'assassinat du député d'opposition Mohamed Brahmi en juillet dernier.

ms-alf/cbo

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